Vos oreilles et les voyages en avion

31 mai 2013

Vos oreilles et les voyages en avion

Bien que certaines personnes entretiennent encore des peurs ou des réticences à l’égard des voyages en avion, il n’en demeure pas moins qu’il s’agit à ce jour du moyen de transport le plus sécuritaire.

Chaque année, au-dessus de 2 milliards de personnes utilisent ce mode de transport pour leurs déplacements, qu’ils soient d’ordre professionnel ou pour le plaisir. Le nombre de passagers qui survolent nos terres a d’ailleurs plus que doublé au cours des 25 dernières années grâce à l’accessibilité grandissante de ce moyen de transport. Mais voyager en avion ne s’avère pas toujours une expérience positive en raison des changements de pression atmosphérique auxquels notre corps, et particulièrement nos oreilles, sont soumis. Certains iront même jusqu’à se priver de prendre l’avion à cause de mauvaises expériences dans le passé.

Que se passe-t-il dans nos oreilles ?

Le changement rapide de pression atmosphérique lors d’un voyage en avion n’est effectivement pas sans conséquence physique sur nos oreilles. Ce qu’il faut savoir, c’est que plus on monte en altitude, plus la pression atmosphérique extérieure diminue. En raison de cette dépression barométrique, l’air qui se trouve à l’intérieur de l’oreille moyenne va chercher à se déplacer tranquillement vers l’extérieur, c’est-à-dire vers le milieu atmosphérique le moins dense, créant ainsi un surplus de pression dans la cavité de l’oreille moyenne. Ce changement de pression est normalement bien toléré par les passagers, puisque le surplus d’air est facilement évacué par la trompe d’Eustache, petit tube qui relie l’oreille au nez et à la gorge. C’est plutôt lorsque l’avion atterrit, et que le phénomène inverse se produit, que certains connaîtront de l’inconfort.

Lorsque l’avion redescend, la pression atmosphérique ambiante augmente graduellement et exerce une pression externe sur le tympan. Nous devons à ce moment-là solliciter les muscles qui entourent la trompe d’Eustache pour parvenir à rééquilibrer les pressions de part et d’autre du tympan. C’est pourquoi il est souvent recommandé de mastiquer, bâiller, avaler, se moucher ou faire bouger rapidement la mâchoire durant l’atterrissage, puisque ces actions permettent l’ouverture active de la trompe d’Eustache. La pression de l’oreille est alors rééquilibrée sans douleur.

Mais pourquoi certaines personnes voyagent-elles sans tracas, alors que d’autres ont des douleurs et/ou une sensation d’oreilles bouchées ?

Il existe, en effet, des personnes qui sont plus à risque de subir ce que l’on appelle un barotrauma, c’est-à-dire une inflammation de l’oreille qui est occasionnée par un changement drastique de pression atmosphérique. Des antécédents d’otites à répétition ou la présence d’une congestion nasale précédant le vol en sont quelques exemples. Si tel est votre cas, il est plus qu’important d’appliquer les conseils cités plus haut, et ce, à plusieurs reprises durant le vol, et particulièrement lors de l’atterrissage. Dans le cas d’une congestion nasale ou d’une allergie saisonnière, il peut être indiqué d’utiliser des décongestionnants avant l’embarquement. Si toutefois vous ressentez de la douleur avant même de prendre l’avion, que vous faites de la fièvre ou encore avez une sinusite, il est fortement recommandé de consulter un médecin avant votre voyage.

Finalement, il ne faut pas négliger qu’il existe certains facteurs externes qui peuvent expliquer que d’un vol à un autre nous ne ressentions pas les mêmes symptômes. Cela dépend, entre autres, de la grosseur et de la vitesse de l’avion, de l’altitude de croisière et d’une mise sous pression satisfaisante à l’intérieur de la cabine. Ce qui veut dire que si vous avez ressenti des symptômes lors d’un vol antérieur, il n’est pas dit qu’il en sera de même lors d’un prochain voyage.

Pour en savoir davantage, n’hésitez pas à consulter un audiologiste qui exerce dans les cliniques multidisciplinaires Lobe Santé auditive et communication.

Références disponibles sur demande.