Un enfant atteint de surdité n’a de limite que ce que nous lui imposons !

15 août 2009
L’annonce aux parents d’un problème auditif chez leur enfant est très déstabilisante pour eux. Que devons-nous faire ? Qui peut nous aider ? Par où commencer ?

Les statistiques démontrent que 6 bébés sur 1 000 naissent avec un problème auditif. Heureusement, le monde de l’audition pédiatrique évolue rapidement. Nous parlons enfin aujourd’hui de dépistage de la surdité chez les nouveau-nés, de services adaptés, d’une école oraliste pour enfants vivant avec une surdité et même de choix d’appareils auditifs colorés.

QUAND DEVONS-NOUS FAIRE VÉRIFIER L’AUDITION DE NOS ENFANTS ?

Il est recommandé de faire tester l’audition de son enfant dès qu’on détecte un retard de babillage, une absence de réaction aux bruits ou à la parole émise, des troubles médicaux (otites à répétition), une présence de surdité dans la famille, lorsqu’on soupçonne que notre enfant peut avoir un problème d’audition ou tout simplement par prévention.

Dès l’annonce de la surdité aux parents, une équipe multidisciplinaire prend en charge les besoins de l’enfant. Dans cette équipe, on retrouve différents professionnels de la santé (médecin ORL, audiologiste, orthophoniste, orthopédagogue, audioprothésiste et éducatrice spécialisée) qui visent le développement normal de l’enfant atteint de surdité. Les efforts sont mis en commun pour faire en sorte que l’enfant puisse s’exprimer, communiquer et comprendre comme un enfant qui entend normalement.

Puisque chaque enfant a ses particularités, l’intervention sera personnalisée selon le degré de difficulté de l’enfant et son niveau d’apprentissage. Il sera suivi principalement en centre de réadaptation et en clinique d’audioprothésie, selon le type de professionnel qu’il aura besoin de rencontrer. Au départ, l’enfant sera suivi de façon hebdomadaire, de sorte que l’on puisse préciser la perte auditive, le retard cognitif et sa capacité d’adaptation. Ensuite, selon sa progression, les rendez-vous seront espacés, et ce, jusqu’à l’intégration en milieu scolaire où l’enfant sera encadré par son professeur, l’orthopédagogue et l’orthophoniste selon les besoins.

Un plan d’intervention adapté sera alors instauré par l’orthopédagogue pour structurer le type d’intervention nécessaire. En général, un suivi régulier de deux séances par semaine de 30 à 45 minutes chacune avec le ou les intervenants impliqués est recommandé. Puis, lorsque l’enfant nécessite un suivi moins rapproché, les séances seront espacées et, progressivement, on le laissera voler de ses propres ailes. L’enfant a toujours la possibilité de recourir aux différents services s’il éprouve des difficultés en cours de route.

Accessoires pour assurer la sécurité de vos enfants atteints de surdité

  1. Un porte-pile muni d’une barrure pour éviter que l’enfant mette la pile dans sa bouche.
  2. Des attaches qui permettent de fixer les appareils auditifs aux vêtements pour s’assurer de ne pas les perdre.
  3. Des couvercles sur les contrôles de volumes ou leur désactivation pour éviter que l’enfant ait accès aux volumes.

INTÉGRATION SOCIALE ET SCOLAIRE

Afin de faciliter son intégration sociale et scolaire, plusieurs possibilités sont accessibles à l’enfant, entre autres : les appareils auditifs, les systèmes MF et les multiples adaptations pour ses besoins, principalement en milieu scolaire. Un grand mythe existe face aux appareils auditifs : « Il ne faut pas que ça se voit, il va faire rire de lui ! ». Or, au contraire, en affichant sa surdité, cela aidera votre enfant à accepter cette différence. Alors, laissez-le choisir la couleur de ses appareils auditifs !

Les appareils auditifs sont renouvelés aux six ans ou avant selon certains critères de la RAMQ. Les embouts personnalisés sont remplacés trois fois par année jusqu’à l’âge de 6 ans et deux fois par année jusqu’à l’âge de 18 ans. Plusieurs couleurs sont disponibles pour les appareils auditifs et les embouts. Les enfants sont admissibles aux appareils auditifs défrayés par la RAMQ à partir du moment où l’audiogramme démontre une perte auditive unilatérale de 25 dB de MSP aux 4 fréquences (500-1000-2000-4000) si l’enfant est âgé entre 12 et 18 ans. Si l’enfant est âgé de moins de 12 ans, il est admissible aux appareils auditifs défrayés par la RAMQ selon son besoin d’appareillage auditif recommandé par l’audiologiste.

Un enfant atteint de surdité n’a de limite que ce que nous lui imposons

En classe, l’utilisation d’un système MF relié aux appareils auditifs peut beaucoup aider votre enfant dans la réussite de sa scolarisation. Il suffit de brancher un récepteur aux appareils auditifs alors qu’un émetteur est accroché aux vêtements du professeur. La voix du professeur est alors transmise directement aux oreilles de votre enfant par ses appareils auditifs.

Finalement, la réussite de l’intégration de votre enfant dans sa vie sociale et scolaire dépend beaucoup de vous et surtout de l’âge auquel il a commencé à être pris en charge. Le plus tôt sera le mieux !

L’enfant atteint de surdité peut vite développer ses aptitudes à communiquer et participer aux activités de groupe (hockey, soccer, camping, natation, etc.). Seules les limites qu’on lui impose sont réelles.

Les enfants vivant avec une surdité sont aussi soutenus par leur propre association, soit l’AQEPA, qui est un regroupement de parents et de bénévoles et qui a comme mandat de promouvoir et développer tous les services nécessaires à l’inclusion sociale des jeunes vivant avec une surdité. Cette association permet de briser le mur de l’isolement causé par la surdité, pour mieux faire connaître cette réalité « invisible ».