La surdité professionnelle

30 juin 2014, par Wenna D'Costa

Bruit élevé au travail

Selon les statistiques disponibles, le Québec compte environ 3,1 millions de travailleurs. Parmi ces derniers, plus de 400 000 seraient exposés dans le cadre de leur travail à des niveaux de bruit potentiellement nocifs, soit supérieurs à 75 dBA. L’exposition prolongée à de tels niveaux sonores peut engendrer une perte auditive appelée surdité professionnelle et s’accompagner parfois d’acouphène.

Outre une perte auditive permanente, l’exposition prolongée au bruit a également d’autres répercussions sur la santé telles que les maladies cardiovasculaires, l’hypertension artérielle, etc. En milieu de travail, l’exposition au bruit peut aussi être responsable d’une augmentation de la fatigue, d’une baisse de la concentration, de difficultés de communication et d’une détection plus difficile des signaux avertisseurs. D’ailleurs, il a été démontré qu’il existe une association entre le niveau de bruit en milieu de travail et le risque accru d’accidents au travail.

Chaque année au Québec, environ 1 500 nouveaux cas de surdité d’origine professionnelle sont reconnus et indemnisés par la Commission de la santé et de la sécurité du travail (CSST).

Qui est admissible à la compensation de la CSST ?

Dans le cas où un travailleur présente une surdité ainsi qu’un historique d’exposition au bruit en milieu de travail, il est possible d’effectuer une démarche auprès de la CSST pour obtenir une compensation. Pour cela, le travailleur doit répondre aux conditions suivantes :

  • Présenter une surdité compatible, en totalité ou en partie, avec une surdité d’origine professionnelle.
  • Avoir travaillé, principalement au Québec, durant plusieurs années dans des milieux bruyants.
  • Avoir cotisé au régime de la CSST.

Il est à noter qu’un travailleur à la retraite, peu importe depuis combien d’années, peut entreprendre des démarches pour une ouverture de dossier à la CSST afin que sa perte auditive soit reconnue d’origine professionnelle. Il en est de même pour les personnes ayant travaillé pour des entreprises qui ont cessé leurs activités. Par ailleurs, il est également possible d’effectuer une demande auprès de la CSST même si un travailleur n’a pas porté de protecteurs auditifs (ex. : bouchons) durant sa carrière.

Une fois que la surdité du travailleur est reconnue comme étant d’origine professionnelle, la CSST assume les coûts des évaluations audiologiques, de un ou de deux appareils auditifs tous les cinq ans ainsi que les frais des produits d’entretien et des piles pour appareils auditifs. Elle peut aussi, selon le degré de la perte auditive et les besoins du travailleur, couvrir le coût des aides de suppléance à l’audition (ASA) tels le système d’écoute pour la télévision et le téléphone adapté.

De plus, si le degré de perte auditive du travailleur est d’au moins 30 dB HL à 500, 1 000, 2 000 et 4 000 Hz à l’oreille atteinte, la CSST peut également octroyer une indemnité. Cependant, même si un travailleur n’est pas admissible à cette indemnité, il peut avoir droit aux appareils auditifs couverts par la CSST.

Si vous pensez avoir des troubles auditifs causés par l’exposition au bruit, n’hésitez pas à consulter un médecin ORL ou un audiologiste qui exerce dans l’une des cliniques Lobe Santé auditive et communication.

Références :
  • INSTITUT NATIONAL DE SANTÉ PUBLIQUE DU QUÉBEC (2004). « Étude exploratoire de la relation entre l’exposition au bruit en milieu de travail, la perte d’audition permanente et la sécurité routière », repéré à http://www.inspq.qc.ca/pdf/publications/341-BruitMilieuTravailSecuriteRoutiere.pdf
  • INSTITUT NATIONAL DE SANTÉ PUBLIQUE DU QUÉBEC (2007). « Le bruit en milieu de travail : une analyse des coûts pour le régime d’indemnisation », repéré à http://www.inspq.qc.ca/pdf/publications/712-BruitMilieuTravail.pdf
  • LAROCHE, C., M. VALLET et D. AUBRÉE (2003). « Bruit », dans Environnement et santé publique – Fondements et pratiques, p. 479-497, M. Gérin, P. Gosselin,
  • S. Cordier, C. Viau, P. Quénel, É. Dewailly, rédacteurs, Edisem / Tec & Doc, Acton Vale / Paris, repéré à http://www.dsest.umontreal.ca/documents/24Chap18.pdf