Soyons à l’écoute de nos enfants

21 août 2018

La rentrée scolaire, quelle belle période de l’année ! Comme je l’ai mentionné dans ma dernière chronique, j’aime beaucoup apprendre. J’ai toujours été très reconnaissante envers le travail des enseignants.

Malgré la surdité de nos enfants, René et moi avons toujours souhaité que leur vie soit aussi normale que possible. Comme l’école est un pan essentiel de la vie d’un enfant, nous voulions absolument faire le bon choix pour favoriser l’apprentissage de nos enfants. Nous tenions à choisir une école qui répondrait à leurs besoins et qui leur permettrait de s’épanouir.

Nous avons donc visité une première école et, dès le départ, nous savions qu’elle ne nous convenait pas. Ce n’était pas l’ambiance que nous recherchions. Nous avons poursuivi nos recherches pour finalement trouver une deuxième école : véritable coup de cœur ! Nous avions la réelle impression que cette école répondrait aux besoins de nos enfants. Il y avait des groupes réguliers, mais aussi de petits groupes composés d’enfants sourds. Un heureux mélange qui, à notre avis, permettrait une meilleure intégration de nos enfants.

L’implication essentielle des enseignants

Quand on cherche une école spécialisée, on doit se sentir bien. On doit sentir le professionnalisme, la structure et la bonté du personnel. Pour nous, il était essentiel d’impliquer les enseignants dans le parcours scolaire de nos enfants. Qu’on le veuille ou non, dans une classe, un enfant ayant une surdité occasionne une charge de travail supplémentaire pour l’enseignant. C’est pourquoi nous nous assurions toujours de rencontrer les enseignants avant le début de l’année scolaire. Nous souhaitions leur expliquer ce qu’est la surdité, surtout lorsque l’enfant intégrait une école régulière. Nous voulions tout mettre en œuvre pour les aider, afin qu’ils aient les ressources nécessaires pour accompagner nos enfants. À mon avis, il est essentiel de développer une bonne relation avec les intervenants en milieu scolaire.

C’est à nous, les parents, de conscientiser les enseignants à la réalité des enfants ayant une surdité, car leur apprentissage se fait de façon différente. Pour s’assurer que les enfants ont compris, les enseignants doivent s’y prendre autrement. Par exemple, s’ils expliquent un concept à un enfant sourd, ils ne doivent pas seulement lui demander s’il a bien compris. Il est plutôt préférable de demander à l’enfant de répéter ce qu’il a compris, afin d’éviter les malentendus.

Très impliqués, les enseignants mettent en place plusieurs trucs pour faciliter l’intégration et l’apprentissage des élèves ayant une surdité. Par exemple, saviez-vous qu’il faut éviter d’asseoir un enfant ayant une surdité dans la première ou la dernière rangée d’une salle de classe ? Pourquoi ? Parce que dans la première rangée, il ne peut pas voir ce que font les autres élèves. S’il n’a pas bien compris la tâche à exécuter, il n’a donc pas la possibilité d’observer ses camarades de classe. La dernière rangée n’est pas recommandée non plus, car il est plus difficile d’y pratiquer la lecture labiale et d’entendre la voix de l’enseignant. Une place face à une fenêtre est également à éviter, puisque le soleil peut nuire à la lecture labiale.

Un autre truc pour faciliter la compréhension a été mis en place dans la classe de nos enfants. Des balles de tennis ont été installées sous les pattes des chaises afin de limiter le bruit. Ces détails peuvent sembler anodins, mais ils font toute la différence dans la vie d’un enfant ayant une surdité, et les enseignants adorent ce milieu moins bruyant.

Les enfants au cœur des décisions

J’ai aussi grandement apprécié le fait que l’intégration soit faite de manière graduelle à l’école primaire de nos enfants. Quand tout allait bien dans une matière, ils étaient transférés dans une classe régulière. Ensuite, une fois que tout fonctionnait correctement en classe régulière, nous avions la possibilité de les transférer dans une école de quartier. Ça respectait le rythme d’apprentissage des enfants.

Les transitions, comme le changement d’école ou même le changement d’année scolaire, sont des défis encore plus grands pour les enfants ayant une surdité. C’est pourquoi il faut assurer un bon encadrement dès le départ.

En allant à l’école du quartier, nos enfants ont pu être en contact avec les autres enfants de notre secteur. Ça leur a permis de développer leur langage et, surtout, d’avoir des amis qui habitaient tout près de la maison.

L’audition des enfants

C’est une bonne chose de pouvoir compter sur l’appui des enseignants, mais nous devons aussi, en tant que parents, être attentifs aux besoins de nos enfants. Mes enfants ont eu la chance d’étudier dans un milieu qui répondait très bien à leurs besoins.

Je sais toutefois que certains enfants peuvent présenter une perte auditive de légère à modérée, sans qu’elle ne soit détectée. À l’école, une telle situation peut avoir un impact considérable sur l’apprentissage. Prendre rendez-vous avec un audiologiste pour effectuer un examen de l’audition avant l’entrée à l’école peut alors s’avérer très bénéfique. Il nous a fallu près d’un an pour découvrir qu’Olivier était complètement sourd. Imaginez à quel point il peut être difficile de détecter une perte auditive !

Sur ce, prenez soin de vous et à bientôt !