Soyez attentifs au bruit dans les salles de classe

15 août 2008

L’effervescence entourant la rentrée scolaire constitue une excellente occasion de vous parler de certaines réalités d’écoute liées à la vie scolaire.

Aujourd’hui, les élèves peuvent passer jusqu’à dix heures par jour à l’école. Ce temps est réparti entre des heures de travail dans le calme et des heures d’activités de groupe plus ou moins bruyantes. Si à la fin de la journée vous remarquez que votre enfant parle plus fort ou qu’il hausse le volume de la télévision, il pourrait y avoir un lien avec le niveau de bruit auquel il a été exposé durant la journée.

L’Organisation mondiale de la santé (OMS) a établi certaines normes en matière de bruit; que ce soit la nuit, le jour, au travail ou en classe.

Un niveau de 75 dB A est jugé sécuritaire pour tous, c’est-à-dire qu’il n’entraîne pas de fatigue auditive (au sens physiologique). Or, selon des mesures que nous avons effectuées dans une école primaire de la région de Québec, il se trouve que le niveau de bruit peut être dix fois plus élevé à certains moments d’une journée d’école.

De plus, nous avons observé que pendant la période de service de garde, les enfants et les éducatrices étaient dix fois moins exposés au bruit lorsqu’ils jouaient librement à l’extérieur plutôt qu’à l’intérieur, et ce, même si l’on dénombrait deux fois plus d’enfants. Le bruit diminuait également de moitié lorsque les élèves se trouvaient moins nombreux dans un local (par exemple : 13 au lieu de 20). Finalement, le niveau de bruit était beaucoup plus bas lorsque les enfants participaient à des activités structurées plutôt qu’à des jeux libres.

Indicateurs pour l’enseignement en classe

Dans un milieu d’apprentissage, l’accomplissement de tâches complexes se trouve affecté par la présence de bruit. La lecture, l’attention, la résolution de problèmes et la mémorisation sont parmi les effets cognitifs les plus fortement touchés. De plus, on peut noter une exacerbation de l’hyperactivité et la propension à l’abandon de tâche en présence de bruit.

La maturation du système auditif d’un enfant se termine vers les 10-12 ans. Avant cet âge, sa capacité de perception de la parole dans le bruit est moindre.

L’OMS établit que les conditions d’écoute optimales sont atteintes lorsque le niveau de bruit est inférieur à 40 dB A et que la voix de l’enseignant se situe à environ 55 dB A. Il s’agit d’un ratio parole/bruit de 15 dB, favorable à l’apprentissage. Il n’existe alors pas de gêne à la communication verbale. De plus, un tel ratio prévient la difficulté pour l’enfant à suivre le discours ainsi que l’élévation inutile de la voix pour l’enseignant.

Évidemment, les enfants qui présentent une déficience auditive temporaire ou permanente sont grandement désavantagés en situation d’écoute bruyante. En classe, un effectif réduit d’élèves ou un système de transmission FM sont souvent proposés afin de maintenir un rapport parole/bruit optimal.

Si des doutes persistent quant à l’ouïe de votre enfant, n’hésitez pas à communiquer avec les audiologistes qui exercent dans les cliniques multidisciplinaires Lobe Santé auditive et communication.