Profiter de la vie avec Guy Mongrain

11 août 2016

GuyMongrain

Monsieur Mongrain, vous et votre épouse êtes amoureux depuis 37 ans, mariés depuis 33 ans. Quelle est à votre avis la règle d’or à respecter pour faire durer son couple ?

Il faut savoir choisir ses batailles, se respecter l’un et l’autre. Vous savez, votre adversaire n’est pas forcément votre ennemi. Tous les couples se retrouvent en désaccord sur certains points au cours de leur vie. Mon épouse et moi, on ne se chicane pas. Ce n’est pas rose tous les jours, mais on s’explique et on communique. Et il faut être capable de relativiser. Il faut pouvoir aimer l’autre plus que soi-même.

Vous avez deux petites-filles, Zoé et sa petite sœur Anaïs. Qu’est-ce que leur arrivée a changé dans votre vie ?

Beaucoup de choses ! Entre autres, je n’ai plus du tout le sentiment d’urgence. Avec elles, je prends tout mon temps. La garderie ouvre à 8 h, mais si je m’occupe de Zoé ce matin-là et qu’elle veut prendre 45 minutes pour déjeuner, eh bien, soit ! Elle arrivera à la garderie à 9 h 30 !

Avec mes deux fils, c’était différent. Il fallait les éduquer, faire de la discipline, forcément. Mais avec les petites, je suis là pour prendre du bon temps. J’ai la belle part, tout le temps ! La discipline, je laisse ça à leurs parents. En même temps, je fais bien attention de ne pas « détricoter » les enseignements qu’ils tentent d’inculquer à leurs filles. Sauf qu’il y a seulement les grands-parents qui peuvent apprendre à leurs petits-enfants qu’une portion de crème glacée, ça rentre dans un bol à soupe ! Leur professeur de niaiseries, c’est moi !

C’est de l’amour inconditionnel. Vous savez, se faire sauter au cou par une petite puce qui dit « Je t’aime Papou », c’est de la magie ! La deuxième est encore toute petite, mais j’ai déjà hâte au moment où elle commencera à interagir encore plus !

Vous avez été victime de fraude. Cet homme que vous considériez comme votre ami vous a floué de 300 000 $. Par la suite, vous avez été porte-parole de l’Autorité des marchés financiers (AMF). Quels conseils avez-vous pour les gens qui souhaitent faire fructifier l’argent qu’ils ont durement gagné, mais qui n’ont pas de connaissances en finance suffisantes pour le faire par eux-mêmes ?

Malheureusement, des fraudeurs, il y en a eu, il y en a et il y en aura toujours. La phrase que je répète tout le temps est : « Ne laissez jamais l’émotion prendre le dessus sur la raison. » Ces gens-là sont sans cœur et sans honneur. Ce sont des gens persuasifs et qui savent gagner votre confiance. Il faut surtout se demander si cette personne est de confiance ou si elle est malintentionnée.

Comment fait-on pour savoir ça ?

Il ne faut pas signer et s’engager trop vite. Il faut poser des questions et faire des recherches. On peut vérifier auprès de l’AMF si la personne est dûment inscrite. Il faut aussi demander à ces conseillers financiers des références, le nom d’autres clients. Après que la fraude a été mise au jour, j’ai appris à ma grande surprise que nous étions 102 personnes à avoir été flouées, dont des personnes que je connaissais. Pourtant, je ne savais pas que ces personnes faisaient affaire avec le fraudeur, parce qu’il avait pris soin de nous « compartimenter » et d’éviter qu’on communique. Il faut faire affaire avec des institutions qui ont pignon sur rue. Il ne m’avait jamais mis en contact avec d’autres clients qu’il avait.

Vous animez l’émission La Poule aux œufs d’or depuis 23 ans maintenant. Les énormes cotes d’écoute que l’émission récolte semaine après semaine constituent un phénomène dans le monde télévisuel québécois. Qu’est-ce qui explique ce succès à votre avis ?

Tout d’abord, je crois que le public s’identifie beaucoup aux participants. C’est le hasard qui a fait qu’ils sont là, pas un casting de comédiens ! Les participants sont émerveillés d’être là, de vivre cette expérience télé. Je crois que le moment où le participant doit choisir entre l’œuf et l’enveloppe interpelle aussi beaucoup les gens. Ils se projettent là-dedans, et ils jouent en même temps que les gagnants. C’est interactif ! Dans le fond, ils jouent aux gérants d’estrade dans leur salon !

Vous avez animé la première mouture de Fort Boyard. Avez-vous une anecdote ou un fait particulier à nous raconter ?

Il y a une scène qui avait marqué les esprits à l’époque. La fameuse épreuve où l’on voit la regrettée Marie-Soleil Tougas hurler de peur, de rage, de frustration à l’idée de devoir entrer sa main dans ces bocaux remplis de bestioles, déchirée entre sa phobie et son désir de réussir. À un certain moment donné, elle crie à ses coéquipiers « Taisez-vous ! », et elle frappe le mur de pierre de sa main couverte de boue. Eh bien, à ce jour, la trace de sa main y est toujours. C’est la cellule 209.

C’est aussi pendant l’épreuve du pont de singe que la phobie d’Yves Corbeil a été révélée au grand jour. Pauvre Yves ! Il hurlait de terreur ! Personne n’était au courant. C’est à Fort Boyard, devant la caméra, que le Québec tout entier a appris qu’Yves Corbeil souffrait de vertiges intenses. Même moi, qui suis ami avec lui depuis longtemps, je n’étais pas du tout au courant de ça à l’époque.

Peu de gens savent que votre épouse et vous êtes de grands voyageurs, et que vous avez parcouru en VR (véhicule récréatif) une grande partie de l’Amérique du Nord…

Nous avons mis plus de 80 000 km au compteur, en huit ans. Avec notre petit chien, nous avons parcouru le Canada au complet, incluant Terre-Neuve, qui est à mon avis la plus belle province du pays. Les gens y sont tellement gentils et les paysages tellement spectaculaires que je me suis promis de ne plus jamais faire de « jokes de newfies » après avoir visité cette province.

On prend le volant tour à tour mon épouse et moi. Un des plus beaux voyages que nous avons faits est le Sud-Ouest américain : l’Arizona, l’Utah, le Colorado et le Nouveau-Mexique. Santa Fe est une ville merveilleuse. C’est la région des grands parcs. Le Grand Canyon : hors concours ! Les autres parcs nationaux, comme Canyonlands ou Zion, et l’Antelope Canyon sont fantastiques. Monument Valley est absolument hallucinant !

Quelle sera votre prochaine destination ?

On en a encore plusieurs en vue. On veut aller en Alaska, mais il faudra avoir beaucoup de temps devant nous pour ce périple ! Je veux aussi retourner en Californie en VR. Nous y sommes déjà allés, mais pas en VR.

Nous vous remercions pour le temps que vous nous avez consacré, et nous vous souhaitons de belles aventures en VR !