Perte auditive légère : investir dans des appareils auditifs?

9 mars 2016, par Jonathan Gagnon
Perte legere modere
Votre père vient de passer un test d’audition, et le résultat est sans équivoque : il a une perte auditive qui nécessite le port d’appareils auditifs. Quand on se retrouve ainsi acculé au pied du mur et qu’on reconnaît soi-même que la situation a assez duré, la décision est facile à prendre.

Par contre, le choix est beaucoup moins évident pour une personne avec une perte d’audition légère. Puis-je attendre encore quelques années avant de vivre cette adaptation? Dois-je vraiment me résoudre à casser mon petit cochon? Malheureusement, il n’y a pas de réponse unique à cette question, puisque plusieurs facteurs entrent en ligne de compte.

Les enfants

Les parents d’un enfant d’âge scolaire ou préscolaire qui apprennent que leur enfant a une perte auditive légère veulent savoir si, au-delà du fait que les appareils auditifs élimineraient l’inconfort auditif de leur enfant, la perte auditive est assez « grave » pour justifier la dépense et la période d’adaptation qu’entraînerait le port d’appareils auditifs.

À ces parents, je réponds toujours ceci :

Premièrement, il est faux de croire que votre enfant vit un inconfort. Pour lui, entendre, c’est comme ça. Par ailleurs, la période d’adaptation ne constitue pas un obstacle, puisque l’extraordinaire capacité d’adaptation des enfants leur permet de s’habituer très rapidement.

Deuxièmement, les différents professionnels spécialisés en développement de l’enfant s’entendent pour dire qu’il existe des périodes critiques du développement du langage. Une fois révolues ces périodes bien définies, qui se calculent en mois et en années, il devient difficile, voire impossible pour l’enfant d’apprendre à utiliser correctement les différents sonorités et concepts grammaticaux qui forment le langage.

Sachant cela, et pour donner à l’enfant toutes les chances de développer son plein potentiel, il faut s’assurer que les aires cérébrales associées au langage sont stimulées et que tous les sons parviennent à son cerveau, et ce, dès son plus jeune âge.

Bref, pour le bien de son développement, il n’est jamais trop tôt pour appareiller un enfant!

Les adultes

Pour les adultes, la réponse est beaucoup moins catégorique. Il faudra d’abord établir les besoins auditifs au quotidien de la personne aux prises avec la perte auditive légère. À ce propos, si vous voulez savoir « ce que ça fait », mettez-vous des bouchons de mousse dans les oreilles. Tadam! Vous voilà avec une perte auditive légère! Vous entendez encore, mais vous entendez moins bien, et certaines différences sonores peuvent porter à confusion.

La perte auditive, aussi légère soit-elle, peut être très incommodante au quotidien pour une personne qui travaille dans des lieux bruyants (ex. : restaurant, usine, transports en commun, service de garde) et qui doit déployer des trésors d’imagination pour capter et interpréter les différents messages vocaux et stimuli sonores. Pour cette personne, investir dans l’achat d’appareils auditifs semble être le choix logique à faire.

En revanche, et pour une perte auditive semblable, une personne retraitée adepte de « cocooning », de jardinage et de lecture ne vivra probablement pas un inconfort aussi grand. Elle pourra décider d’attendre que sa perte auditive soit plus importante, ou au contraire, choisir l’appareillage auditif par souci de continuer à sociabiliser et à bien comprendre ses petits-enfants.

Au final, plusieurs facteurs influenceront la décision d’un parent ou d’un patient à aller de l’avant ou non avec l’appareillage auditif, mais le niveau d’inconfort ressenti par la personne qui vit avec la perte auditive et les possibles répercussions sur le développement langagier et l’apprentissage des enfants sont sans contredit les deux plus importants.

L'auteure:

 

Dans un objectif de conformité, les termes appareils auditifs sont préférés
à ceux de prothèses auditives.