Conseils pour les musiciens

25 septembre 2012

Musicien

La surdité due au bruit est très répandue en milieu industriel et les relations de cause à effet sont bien connues. La sur­exposition au bruit et la surdité éventuelle qui en découle ont longtemps été considérées comme tabou chez les musiciens professionnels. Cependant, il ne fait aucun doute maintenant qu’il y a un risque réel d’atteinte permanente à l’audition.

En effet, selon leur position dans l’orchestre, les musiciens classiques atteignent la dose hebdomadaire recommandée après seulement dix à vingt-cinq heures. De plus, à cause de la capacité des systèmes d’amplification à reproduire la musique sans distorsion, les niveaux de musique amplifiée aujourd’hui atteignent souvent les 120 dB à l’oreille des musiciens.

Les conséquences d’une surdité chez le musicien peuvent être multiples : perception altérée de la tonie (sensation de hauteur sonore), diplacousie (perception différente de la hauteur sonore d’une oreille à l’autre pour un même son), perception altérée de la sonie (sensation de force sonore), acouphène, perception altérée des timbres, etc.

Afin de réduire les risques potentiels d’une atteinte à l’audition chez le musicien, plusieurs stratégies peuvent être mises en œuvre. Ces stratégies visent la réduction du bruit à la source, la réduction de la transmission du son ou la protection individuelle.

Stratégies visant la réduction du bruit à la source :

  • Utiliser des sourdines pour les instruments à cuivre ou les violons lors des répétitions.
  • Maintenir le « high hat » de la batterie en position fermée ou placer un coussinet entre les cymbales du « high hat » lors des répétitions.
  • Se munir de moniteurs intra-auriculaires en lieu et place des moniteurs de scène lors des spectacles de musique amplifiée.
  • Se servir d’un moniteur acoustique stétoscopique pour les contrebasses ou les violoncelles afin d’améliorer l’audibilité des basses fréquences.
  • Utiliser un générateur de vibrations pour le batteur afin de lui permettre un meilleur monitorage et de réduire le niveau sonore de sa performance.

Stratégies visant la réduction de la transmission du son :

  • Positionner les cuivres (trompettes, trombones, tubas, cors français) sur une plateforme surélevée afin de réduire la focalisation du son vers les collègues de devant.
  • Installer un paravent derrière les cymbales, mais plus bas que les oreilles du percussionniste.
  • Utiliser des rideaux épais, un plafond suspendu ou des tapis dans les locaux de répétition.

Parmi les stratégies visant la protection individuelle, il existe des bouchons personnalisés pour le musicien : les bouchons avec filtre de 9, 15 ou 25 dB permettant une atténuation sur l’ensemble des fréquences.

Stratégies visant la protection individuelle :

  • Utiliser des bouchons moulés avec insertion profonde et filtre de 15 dB, pour les violons, altos, trompettes, trombones, cors français, tubas, clarinettes jazz, saxophones jazz.
  • Se munir de bouchons moulés avec insertion profonde et filtre de 25 dB, pour les percussions et la batterie.
  • Porter des bouchons moulés avec petite portion canal et filtre de 15 dB, pour les chanteurs de musique pop/rock.
  • Émettre une vocalisation (hum) juste avant et pendant un passage fort pour activer la contraction du muscle stapédien, pour les percussions, la batterie et la basse.

Peu importe le style de musique jouée, une période de repos d’au moins seize à dix-huit heures est requise après un spectacle.

N’hésitez pas à consulter les audiologistes qui exercent dans les cliniques multidisciplinaires Lobe Santé auditive et communication pour en savoir davantage.

Référence :
– http://pluralpublishing.com/publication_hlim.htm