Malentendants et âgisme

12 août 2016
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On évoque souvent les problèmes d’intégration auxquels font face les malentendants du plus jeune âge à l’âge mûr. On en oublie toutefois les stéréotypes affectant les personnes entrant dans le « bel âge » et souffrant d’une perte d’audition.

Il arrive qu’une personne d’un certain âge ayant des problèmes auditifs soit automatiquement catégorisée comme vieille et infirme, et qu’on associe les capacités physiques en déclin avec l’âge. S’exprimer ainsi, c’est porter atteinte à l’identité même de la personne.

Ce stéréotype altère la perception que l’individu a de lui-même. Il va alors intégrer l’idée qu’il est désormais âgé et qu’il ne peut rien y faire. Cela engendre un risque d’abandon à la prise en charge médicale et à toute intégration à son nouvel environnement.

Lorsqu’une personne malentendante reconnaît ses besoins particuliers, utilise des moyens adaptés et reçoit un soutien approprié de son entourage et de la communauté, elle est capable de poursuivre toute activité professionnelle, physique et sociale, quel que soit son âge, et peut ainsi vivre de façon autonome et responsable.

Changer son regard personnel et social sur le vieillissement et la perte auditive en évitant toute forme d’âgisme, c’est la voie de la solution pour empêcher la création de stéréotypes. Repenser les réalités sociales et dénoncer l’âgisme contribueraient à mieux appréhender les conséquences du vieillissement et de la perte auditive.

Références :
TASSÉ, Louise, « L’oreille Cassée. Le stigmate de la surdité chez les personnes âgées malentendantes ». Anthropologie et Sociétés, vol. 21, no 1, 1997, p. 85-97.
POULIOT, L-M., BEAUDOIN, M. et POITRAS, M., « La surdité n’a pas d’âge ». Vie et vieillissement, vol. 11, no 1, 2013.