Localisation auditive : deux oreilles valent mieux qu’une !

10 juin 2013

Localisation auditive

Quand on pense à l’oreille, on pense à sa capacité à entendre. Mais l’oreille fait plus que cela. Elle nous permet également de déterminer la position ou la provenance des sons dans l’espace. Comment y arrive-t-elle ?

Pour bien localiser une source sonore dans l’espace, le cerveau compare d’abord l’information que les oreilles reçoivent. Il tient compte de la différence du temps d’arrivée du son et de la différence de l’intensité de celui-ci aux deux oreilles. Ces deux indices permettent de déterminer si la position de la source sonore est à droite ou à gauche. Ainsi, si le son est plus fort à droite ou que le son arrive une fraction de seconde avant à droite, il sera perçu comme provenant de l’hémichamps droit. L’indice basé sur les différences du temps d’arrivée est efficace en basses fréquences, alors que l’indice basé sur les différences de l’intensité est efficace en hautes fréquences.

Les différences interaurales sont les indices les plus importants de la localisation auditive. Par contre, ces deux indices ne permettent pas de déterminer si la source provient de l’avant ou de l’arrière. Pour ce faire, le cerveau utilise un troisième indice, soit la fonction de transfert directionnel. Il s’agit des modifications acoustiques effectuées par la forme de l’oreille, de la tête et du cou sur la composition du son. Ces modifications sont différentes selon la position de la source sonore dans l’espace. Les moyennes et hautes fréquences sont particulièrement importantes pour ce troisième indice.

Tout élément interférant avec l’un ou l’autre indice peut brouiller la perception spatiale. Ainsi, le port de protecteurs auditifs (bouchons ou coquilles) ou d’articles de tête (masque, cagoule, etc.) atténue les basses fréquences, mais gène davantage les moyennes et hautes fréquences. Des erreurs de type avant-arrière sont alors notées. Ce type d’erreur est souvent une cause d’accident en milieu de travail bruyant. De même, la surdité neurosensorielle typique, soit une perte sur les moyennes et hautes fréquences de façon symétrique d’une oreille par rapport à l’autre, comme dans les surdités causées par le bruit ou le vieillissement, gène sérieusement la localisation avant-arrière. Les surdités mixtes, de conduction ou asymétriques affectent même la localisation gauche-droite, augmentant ainsi d’autant plus les risques d’accident.

Le port de deux appareils auditifs est essentiel au maintien des indices de localisation basés sur les différences interaurales. Enfin, porter deux appareils auditifs permet également d’améliorer significativement la perception de la distance et du mouvement.

N’hésitez pas à consulter un audiologiste qui exerce dans les cliniques multidisciplinaires Lobe Santé auditive et communication pour en savoir davantage.

Références :
– Noble, W. et S. Gatehouse (2006). « Effects of bilateral versus unilateral hearing aid fitting on abilities measured by the Speech, Spatial,
and Qualities of hearing scale (SSQ) », Int.J.Audiol. : 45(3) : 172-81.
– Byrne, D., W. Noble et B. Lepage (1992). « Effects of long-term bilateral and unilateral fitting of different hearing aid types on the ability
to locate sounds », J.Am.Acad.Audiol. : 3(6) : 369-82.
– Noble, W., D. Byrne et B. Lepage (1994). « Effects on sound localization of configuration and type of hearing impairment », J.Acoust.Soc.Am. :
95(2) : 992-1005.
– Noble, W., N. Murray et R. Waugh (1990). « The effect of various hearing protectors on sound localization in the horizontal and
vertical planes », Am.Ind.Hyg.Assoc.J. : 51(7) : 370-7.