Les otites du baigneur

15 mai 2008, par Martin Guilbert

Les otites du baigneur

Pour plusieurs, la baignade est synonyme de chaleur, de soleil, de bon temps, bref de l’esprit des vacances ! Mais pour certains, une ombre vient s’ajouter à ce tableau : l’otite du baigneur. Tout de même assez fréquente, cette infection touche environ une personne sur cent par année et, au cours de sa vie, un individu sur dix sera confronté à cette réalité.

L’otite externe, mieux connue sous le nom d’otite du baigneur, est en fait une infection du canal auditif externe. Elle est souvent causée par une altération du pH normal de l’oreille, qui devient alors plus basique et par le fait même plus propice à la croissance de micro-organismes indésirables. Environ 90 % de ces infections sont causées par des bactéries ; plus rarement, ce sont plutôt des champignons qui sont en cause.

Le nom « otite du baigneur » découle du fait que ce sont souvent des baigneurs qui sont atteints par cette problématique. En effet, ceux-ci exposent leurs oreilles à l’eau, et par le fait même au principal facteur de risque lié à cette infection : l’atteinte de l’intégrité du cérumen. En fait, le cérumen est une barrière naturelle de l’oreille contre l’humidité et l’infection par son caractère légèrement acide qui prévient la croissance microbienne. Toutefois, la baignade n’est pas le seul comportement à risqué : d’autres habitudes peuvent également mener à ce phénomène, comme le nettoyage abusif des oreilles à l’aide de cure-oreilles ou de systèmes d’irrigation. Par ailleurs, l’apparition d’un trauma interne causé par un nettoyage trop vigoureux, le port d’appareils auditifs non nettoyés, le stress, la sueur excessive et les réactions allergiques ont également été identifiés comme causes potentielles de telles infections.

L’otite du baigneur est habituellement caractérisée par des symptômes peu spécifiques tels que le prurit, la rougeur et la douleur. Selon la gravité de l’infection, ce tableau peut également inclure de l’enflure, la présence d’un écoulement ainsi que la diminution de l’acuité auditive suite au blocage partiel du canal auditif. Une consultation médicale est donc impérative, surtout dans le cas d’une première infection. Il est important de poser le bon diagnostic et de choisir le traitement approprié à la gravité du problème. Quelle que soit la thérapie préconisée par le prescripteur, il est à noter que l’individu atteint doit éviter tout contact avec l’eau pour au moins 10 jours, et préférablement pour 2 à 4 semaines.

Les otites du baigneur

Certaines mesures préventives peuvent être envisagées chez les patients particulièrement à risque d’otites externes. D’abord, il est préférable d’éviter tout nettoyage exagéré des oreilles entraînant un retrait excessif du cérumen (les cure-oreilles seraient tout particulièrement à bannir). Ensuite, après une baignade, il est important de bien assécher le conduit auditif en utilisant une serviette, ou encore un séchoir à cheveux, la deuxième option étant plus efficace. D’autre part, l’utilisation de gouttes acidifiantes est à préconiser puisque celles-ci abaissent le pH du canal auditif et préviennent ainsi la croissance bactérienne ou fongique. Il est recommandé d’instiller 4 à 6 gouttes de Buro-Sol (acétate d’aluminium) ou de solution maison (1/3 vinaigre blanc et 2/3 alcool à friction) avant la baignade, après la baignade, au coucher, ou aux trois moments de la journée. Cependant, ces préparations sont à utiliser avec prudence chez les patients avec des tubes transtympaniques et à éviter chez ceux chez qui l’on suspecte une atteinte de l’intégrité du tympan. Par ailleurs, le port de bouchons de baignade faits sur mesure par un audioprothésiste pourrait être encouragé lors d’activités aquatiques. Il est également à noter que la qualité de l’eau pourrait être liée à l’incidence des otites externes.

Finalement, il existe des médicaments en vente libre qui peuvent être utilisés dans le traitement des otites externes. Ils sont cependant gardés derrière le comptoir du labora-toire puisqu’ils nécessitent obligatoirement l’avis du pharmacien quant à la pertinence de leur utilisation. En effet, certains signes ou symptômes, tels les étourdissements, l’écoulement de sang ou de pus par les oreilles, la perte de l’audition, la fièvre ou la suspicion d’un trauma sont alarmants et impliquent impérativement une consultation médicale. Cependant, pour les individus qui ont connu plusieurs épisodes d’otites du baigneur et qui en reconnaissent bien les symptômes, deux produits peuvent être obtenus sans prescription pour traiter ces infections : l’antibiotique topique Polysporin, 1 à 2 gouttes 2 à 4 fois par jour, et les gouttes acidifiantes Buro-Sol, 4 à 6 gouttes 4 fois par jour. Les deux traitements seraient d’efficacité comparable et seraient indiqués chez les patients avec des infections légères à modérées.

Pour toute autre information ou quelque questionnement, n’hésitez pas à consulter votre pharmacien !