Les oreilles en avion

1 juin 2018

 

 

 

 

 

 

 

Prendre l’avion est souvent synonyme de voyage, de vacances et de plaisir. Certaines personnes appréhendent toutefois le moment du décollage ou de l’atterrissage, en raison notamment d’une sensation d’oreilles bouchées et de douleur aux oreilles.

Il semble qu’environ 5 à 10 % des adultes et 22 à 25 % des enfants soient susceptibles de ressentir ce genre d’inconfort durant un vol d’avion.

Il est intéressant de bien comprendre les mécanismes à l’origine de ces symptômes afin d’être en mesure de mieux les contrôler.

Lorsque nous prenons l’avion, nous sommes exposés à plusieurs changements de pression atmosphérique, principalement lors des phases de décollage et d’atterrissage. Ces changements de pression constituent la cause majeure des inconforts aux oreilles rapportés par les passagers. Pour pallier ces changements de pression, l’oreille dispose d’une structure que l’on nomme la trompe d’Eustache. Son rôle consiste, entre autres, à équilibrer les pressions des deux côtés du tympan. La trompe d’Eustache relie l’oreille moyenne (la partie située derrière le tympan) à la gorge.

Le décollage

Plus on monte en altitude, moins l’air est dense, ce qui fait diminuer la pression atmosphérique. Lorsque la pression atmosphérique diminue, l’air contenu dans la cavité de l’oreille moyenne pousse sur le tympan vers l’extérieur. Une trompe d’Eustache fonctionnelle aura tendance à s’ouvrir, laissant sortir l’air du côté de la gorge, ce qui équilibrera les pressions de part et d’autre de la membrane tympanique.

L’atterrissage

Le phénomène inverse se produit lors de la phase d’atterrissage. L’augmentation de la densité de l’air fait augmenter la pression atmosphérique. Lorsque la pression atmosphérique augmente, l’air à l’extérieur pousse sur le tympan vers l’intérieur, ce qui force la trompe d’Eustache à rester fermée pour empêcher l’air de s’évacuer et ainsi équilibrer les pressions.

Ce qui pose problème

En avion, les changements de pression se font assez rapidement, ce qui ne laisse pas toujours le temps à la trompe d’Eustache de s’ajuster afin de gérer efficacement les pressions. Il peut alors en résulter une sensation d’oreille bouchée et de douleur, que l’on appelle barotrauma. Le terme barotrauma peut s’appliquer à plusieurs situations, et le degré varie en fonction des symptômes ressentis.

Quoi faire pour réduire les symptômes ?

Il existe plusieurs façons d’activer les muscles de la trompe d’Eustache afin de l’aider à gérer les changements de pression rapides en avion. En effet, le simple fait de bâiller, de mastiquer de la gomme ou d’avaler permet de stimuler la trompe d’Eustache et d’augmenter les chances de ne pas ressentir d’inconfort lors des phases de montée et de descente en avion. Dans certains cas, selon les recommandations d’un médecin, la prise de décongestionnant nasal ou oral peut s’avérer une solution. Lors d’un épisode de rhume, toutefois, la congestion nasale peut compliquer le travail de la trompe d’Eustache, d’où l’importance de mettre en pratique les différents moyens énumérés. Il existe aussi des bouchons en vente libre, dont les vertus seraient de minimiser les symptômes en avion. L’idée n’est pas mauvaise, mais leur efficacité reste mitigée.

Dans tous les cas, les symptômes peuvent varier d’un vol à l’autre. La prévention demeure le meilleur outil à votre disposition. Si vous avez des questions, n’hésitez pas à consulter un audiologiste.

Danny Talbot, M.P.A.
Audiologiste exerçant aux
cliniques Lobe de Lévis et
de Québec — Neufchâtel