La solitude de la personne malentendante

10 novembre 2016
19-Solitude
Parler de solitude, ce n’est pas toujours parler de personnes seules et, à l’inverse, parler de personnes seules, ce n’est pas forcément approcher la solitude.

En effet, la solitude ne s’apprécie pas uniquement à la mesure de l’isolement : c’est un sentiment plus qu’une caractéristique. On peut être isolé de multiples manières (géographique, sociale, affective), mais on sentira éventuellement la solitude sans qu’aucun des critères d’isolement ne soit présent. La notion de solitude est délicate, elle ne se laisse pas appréhender facilement tant elle est complexe et relève plus d’un ressenti que d’une réalité palpable1.

Mais qu’en est-il de la solitude de la personne âgée malentendante ?

Si d’une part on considère la possibilité que cette personne puisse être plus facilement victime d’âgisme ou d’abus et qu’elle ait d’autre part plus de difficulté pour aller chercher de l’aide et du soutien, notamment en s’empêchant d’appeler les lignes d’écoute2, alors nous pouvons parler ici d’une double disqualification (exclusion)3.

C’est ce qui va, comme le décrit l’Organisation mondiale de la santé (OMS), avoir un impact social et affectif non négligeable pouvant conduire à l’exclusion de la personne.

Il est alors plus aisé de comprendre qu’une grande souffrance liée au sentiment de solitude soit fréquemment observée chez ces personnes malentendantes.

Et si nous leur offrions une double dose d’attention ?

Références :
DION, M., « L’isolement et la solitude des personnes âgées au prisme du regard démographique », Gérontologie et société, 2016/1, vol. 38/n° 149, p. 55-66.
Tel-Aide ou la Ligne Aide Abus Ainés :
www.telaide.org, http ://www.telaide.qc.ca,
http ://www.aideabusaines.ca
POULIOT, L-M., BEAUDOIN, M. et POITRAS, M.,
« La surdité n’a pas d’âge ». Vie et vieillissement, vol. 11, no 1, 2013.