La santé auditive : les préjugés… la réalité!

15 février 2009
Considérée comme un attribut socialement dévalorisant, la perte auditive a souvent fait l’objet de plaisanteries dans le passé. De nos jours, de nombreux préjugés sont parfois encore associés à la surdité et retardent le processus de recherche d’aide de la part de la personne malentendante. Ultimement, ces préjugés peuvent diminuer sa qualité de vie. Les prochaines lignes révisent brièvement les principaux mythes liés à la baisse de l’audition afin de mieux comprendre leur futilité.
Les préjugés

Le fait de ne pas entendre peut souvent créer des situations où les personnes malentendantes peuvent être perçues comme étant :

  • hautaines, condescendantes, parce qu’elles ne répondent pas lorsqu’elles sont interpellées par quelqu’un;
  • peu intelligentes, parce qu’elles ont mal entendu une question et répondent de façon inappropriée;
  • très âgées, parce que l’on croit, à tort, que l’âge très avancé est à lui seul responsable de la surdité.

Ne voulant pas être associées à ces préjugés, il est commun de voir les personnes malentendantes essayer de cacher ou de nier leurs problèmes auditifs. La gêne d’être ainsi identifiées peut rendre plus difficiles la reconnaissance et l’acceptation de leurs troubles d’audition.

La perte auditive n’a rien à voir avec ces idées préconçues. Il est important que la société puisse démystifier ces préjugés négatifs et mieux supporter les personnes sourdes et malentendantes.

Au rang des préjugés, vient également la croyance selon laquelle la surdité entraîne le port de gros appareils auditifs apparents, parce que l’on pense encore, injustement, que les appareils auditifs sont imposants et peu performants.

La santé auditive : les préjugés... la réalité!

La réalité

La baisse de l’acuité auditive représente l’une des incapacités les plus répandues au pays (environ trois millions de Canadiens disent avoir une déficience auditive selon les Instituts de recherche en santé du Canada*). La perte auditive est un problème commun qui est comparable à la détérioration de la vue. Un problème auditif est un handicap invisible, et le fait de ne pas entendre ce qui est dit peut créer des situations qui risquent parfois d’être problématiques. En effet, en étant incapable d’entendre si elle est appelée ou saluée à distance, la personne malentendante peut être perçue comme étant hautaine… De même, durant une conversation, si une personne malentendante ne répond pas convenablement ou fait répéter, c’est parce qu’elle n’a pas entendu correctement ce qui a été dit et non parce qu’elle est moins intelligente ou qu’elle comprend plus lentement. Finalement, bien que la baisse de l’audition soit plus fréquente lorsqu’on avance en âge, elle peut être présente à tout âge. Elle ne peut donc être associée uniquement à un signe de vieillissement.

Notons d’ailleurs à ce sujet que de plus en plus de jeunes développent une baisse auditive en raison d’une exposition à des bruits dont l’intensité est trop élevée.

Grâce à de nouvelles technologies sans cesse en évolution, les malentendants peuvent maintenant avoir recours à des appareils auditifs discrets et sophistiqués pour leur permettre d’entendre mieux. Au même titre que des lunettes pour la correction de la vue, les appareils auditifs ne devraient pas être considérés comme un signe d’infériorité.

Les préjugés sur la surdité touchent encore malheureusement trop de personnes qui hésitent à rechercher de l’aide pour les difficultés qu’elles éprouvent. La réalité est toutefois bien différente. En consultant un audiologiste dès que l’on a un doute, on se donne ainsi le moyen d’accéder à une meilleure qualité de vie.