L’humain peut maintenant entendre sans oreilles (implant auditif sur le cerveau)

15 août 2011
oreille, lobe
Il est maintenant possible d’entendre sans oreilles. La personne souffrant d’une surdité complète de ses deux oreilles, avec absence de nerf auditif entre le cerveau et l’oreille, peut maintenant bénéficier d’une nouvelle technologie.

En effet, un implant auditif peut être installé sur une partie du cerveau. La voie d’accès à cette partie du cerveau passe par l’oreille et la mastoïde. L’implant est placé sur la paroi d’une cavité, le quatrième ventricule, où se trouvent les axones (les fibres nerveuses) et le noyau cochléaire (synapses) qui transportent le son perçu par l’oreille jusqu’au cortex cérébral. Il s’agit de la voie oto-neurologique normale pour prendre conscience des sons et de la parole. Pratiquement, un microphone est placé derrière le pavillon de l’oreille de la personne sourde. Celui-ci transmet les sons à un récepteur, sous la peau, qui les transforme en ondes électriques dirigées par la suite à des mini-électrodes placées sur le cerveau (noyau cochléaire).

Un chirurgien ORL (oreille et mastoïde) et un neuro-chirurgien (cerveau) participent de concert à l’installation de ce type d’implant. Le premier implant a été réalisé à Los Angeles, au House Ear Institute, en 1979. Après les études de base, l’implant a été commercialisé de façon officielle en 2000, et la première implantation réalisée au Québec a été faite en 2005, à l’Hôpital de l’Enfant-Jésus du CHAUQ, par les docteurs Denis Pouliot, ORL, et Claude Picard, neurochirurgien. L’Hôpital de l’Enfant-Jésus à Québec est le seul hôpital de la province où se réalise cette chirurgie.

Plusieurs partenaires en présence

Tout d’abord, le CHAUQ  qui est un établissement centré sur la dispensation de soins, l’enseignement et la recherche ainsi qu’un centre universitaire associé. Depuis plus de vingt ans, une équipe multidisciplinaire formée surtout d’oto-rhino-laryngologistes et de neurochirurgiens a développé une expertise de pointe dans le traitement des tumeurs de la base du crâne. Par ailleurs, l’Hôtel-Dieu de Québec du CHUQ a réalisé, en 1984, le premier implant cochléaire au Canada. À partir de cet embryon, le Programme québécois pour l’implant cochléaire est devenu un centre ultra-spécialisé en implants auditifs, reconnu sur le plan national et international, le tout grâce à de nombreux partenaires. Compte tenu de l’expertise développée en implant cochléaire à l’Hôtel-Dieu de Québec et de celle en chirurgie de la base du crâne à l’Hôpital de l’Enfant-Jésus, il est maintenant possible de recourir à une technologie de pointe qui nécessite la participation de cette équipe. Puis, il y a l’Institut de réadaptation en déficience physique de Québec (IRDPQ), un institut universitaire qui offre des services d’adaptation, de réadaptation et de soutien à l’intégration sociale, d’accompagnement et de soutien à l’entourage, qui participe à la réadaptation des patients recevant l’implant auditif du tronc cérébral. Enfin, la Fondation du Québec pour la recherche sur l’implant cochléaire finance, depuis 1984, toutes les activités nouvelles et de recherche dans le domaine des implants auditifs et a financé le coût des deux premiers implants auditifs du tronc cérébral.

Ce sont les patients souffrant de neurofibromatoses de type 2 qui bénéficient le plus souvent de l’implant auditif du tronc cérébral. Ces patients ont des tumeurs bénignes qui détruisent leurs nerfs auditifs et rendent impossible l’utilisation d’un appareil auditif standard ou d’un implant cochléaire par le fait que le nerf est complètement détruit. Certains autres patients qui ont été victimes de méningite ayant causé une surdité totale par destruction de la cochlée et du nerf, et par la suite la formation d’os au niveau de la cochlée, peuvent aussi recevoir cet implant auditif du tronc cérébral.

À la suite de la chirurgie, les receveurs devront être suivis en orthophonie et en audiologie pour réapprendre à interpréter les sons nouveaux qu’ils entendent. Les études qui ont été réalisées à la suite de cette chirurgie montrent que 84 % des patients ayant subi l’implantation sont satisfaits des résultats et la conseilleraient à d’autres personnes.

Ainsi donc, les patients présentant une surdité profonde bilatérale avec destruction de la cochlée et/ou du nerf auditif peuvent bénéficier d’une nouvelle technologie leur permettant d’entendre. Sans cet implant, ces patients sont complètement isolés du monde sonore. Grâce à cet implant, ils bénéficient d’un contact plus étroit avec leur environnement et d’une vie sociale plus agréable.

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