Acouphène chez l’enfant, mythe ou réalité ?

25 mars 2012
L’acouphène chez l’enfant, mythe ou réalité ?L’acouphène est une problématique bien reconnue chez l’adulte. Qu’il soit perçu de façon continue ou intermittente, qu’il soit de tonalité grave ou aiguë, dans une seule oreille ou bien dans les deux, il peut parfois avoir une emprise importante sur la qualité de vie de certains adultes.

L’acouphène peut-il hanter les oreilles de nos enfants ?

Longtemps nous avons pensé que les enfants ne pouvaient souffrir de la présence d’un acouphène. Pourtant, il semblerait que cette condition est loin d’être propre aux grandes personnes. Bien que peu d’auteurs dans la littérature se soient intéressés à ce sujet, plusieurs études auraient démontré que l’acouphène peut également se manifester chez l’enfant. Cependant, on remarque que les enfants portent un regard différent sur l’acouphène comparativement aux adultes et qu’ils en seraient ainsi beaucoup moins dérangés. En effet, il s’avère que seulement 3 % des enfants se plaignent de façon spontanée de la présence d’un acouphène, alors qu’une fois questionnés ce pourcentage peut s’élever jusqu’à 38 %. Cet écart peut s’expliquer par le fait que, la plupart du temps, les enfants vont percevoir l’acouphène comme un événement tout à fait normal et familier. Contrairement aux adultes, qui perçoivent souvent l’acouphène comme un symptôme dangereux, les enfants n’accorderont pas de signification médicale à l’apparition ou à la présence de l’acouphène. Il est bien établi que le caractère dérangeant de quelque chose est souvent associé à la réaction émotive et à l’attention qu’on lui accorde. Par ailleurs, il faut également considérer que les enfants sont plus facilement distraits que les adultes. Que ce soit par des sources de bruits externes ou par toute autre distraction, ils vont parvenir plus aisément que nous à faire abstraction de l’acouphène.

Les caractéristiques de l’acouphène chez l’enfant

Bien que peu d’enfants se plaignent d’emblée de la présence de l’acouphène, lorsque l’on questionne directement les enfants sur le sujet, on remarque que cette problématique est bien réelle et même plus présente que l’on pourrait le penser. L’acouphène toucherait davantage les enfants avec surdité neurosensorielle, mais serait également présent chez les enfants présentant une surdité temporaire (par exemple reliée à une otite séreuse) ou encore, une audition normale. La description générale la plus commune de l’acouphène rapportée par l’enfant serait celle d’un bruit ressemblant à une sonnerie ou à un bourdonnement. À quelques exceptions près, la majorité des enfants questionnés qualifient leurs acouphènes comme étant continuels et les percevraient dans les deux oreilles.

Les effets sur le comportement

Les effets psychologiques de l’acouphène chez la clientèle adulte sont à l’heure actuelle assez bien documentés : troubles de sommeil, difficultés de concentration, irritabilité, isolement social, anxiété, etc. Mais qu’en est-il chez l’enfant ? Les quelques études qui se sont penchées sur la question auraient montré que les difficultés de sommeil sont la conséquence la plus importante de l’acouphène sur le quotidien de l’enfant. Toutefois, l’acouphène peut également avoir des répercussions non négligeables sur le comportement et le développement de l’enfant. Tout comme chez l’adulte, l’acouphène peut causer de l’anxiété et de l’irritabilité chez l’enfant, mais il peut également influencer sa capacité d’écoute et son attention en classe. Il est donc important de rester attentif à cette problématique encore trop méconnue et surtout de ne pas en minimiser les contrecoups. Il importe de demeurer vigilant si votre enfant verbalise la présence d’un acouphène dérangeant; n’hésitez pas alors à consulter un audiologiste. Si toutefois il ne s’en plaint pas d’emblée, rien ne sert de l’alarmer ou de l’inquiéter en le questionnant systématiquement.

Pour obtenir des informations supplémentaires, n’hésitez pas à consulter les audiologistes qui exercent dans les cliniques multidisciplinaires Lobe Santé auditive et communication.