Ensemble pour la vie

15 février 2010
Cet été, ils ont célébré leur soixantième anniversaire de mariage ! Parents et amis étaient rassemblés à cette occasion. Venus de partout, ils ont souligné l’amour de ce couple si inspirant, leur complicité et leur ont souhaité de nombreuses autres années de bonheur ensemble.

L’hiver est arrivé, ils sont toujours aussi heureux et amoureux. Ils vivent dans cette merveilleuse résidence pour personnes retraitées qu’ils ont choisie il y a quelques années. Il va sans dire qu’elle est située dans le village où ils ont élevé leur famille; de nombreux amis et parents y ont aussi élu domicile. Que demander de mieux ?

Mais voilà qu’aujourd’hui un nuage est venu assombrir ce bonheur. Arthur a été hospitalisé récemment pour un problème de santé qui est arrivé sans avertir. On lui a prodigué les soins nécessaires et il doit retourner à domicile bientôt avec une liste de recommandations et de soins quotidiens. Par malheur, la résidence où Arthur et Laurette habitent n’offre pas de services de soins personnels. Les gestionnaires, incapables d’assurer la sécurité et le bien-être d’Arthur, refusent qu’il revienne habiter dans la résidence.

À la suite de ce constat, les intervenants sociaux aideront les proches à trouver une nouvelle ressource pour Arthur et Laurette. Une ressource offrant une gamme plus étendue de services. Mais les disponibilités pour un logement pouvant accueillir un couple ne sont pas au rendez-vous. Ils devront donc, pour un temps indéterminé, vivre loin l’un de l’autre. Ils en éprouvent un grand chagrin.

Vous connaissez quelqu’un à qui une histoire semblable est arrivée ? Aujourd’hui, cette problématique affecte plusieurs couples. Les solutions sont peu nombreuses, mais certaines existent pour alléger ce fardeau.

Ainsi, choisir au départ une ressource d’hébergement qui offre une gamme plus étendue de services peut retarder le moment d’une possible séparation involontaire. Explorer certaines alternatives, comme les ressources du milieu ou des proches, aidants ou services de soutien à domicile, peut être facilitant jusqu’à un certain niveau. Mais envisager le pire n’est pas dans la nature de l’homme. Bien d’autres facteurs nous semblent plus importants au moment de faire des choix. Arthur et Laurette ont préféré une résidence qui offrait une gamme moins grande de services pour demeurer près de ceux qu’ils aimaient. Ils n’avaient pas tort, loin de là ! Maintenir un réseau social significatif est essentiel et concourt à une bonne santé psychologique et physique. Ils y ont accordé une priorité.

Pour tous les Arthur et les Laurette qui auront un jour à vivre cette difficile séparation, il existe des moyens pour alléger ou retarder ce deuil, ou encore pour contrer les impacts économiques négatifs du double hébergement. Il nous apparaît important de planifier son avenir à long terme quand le moment de « casser maison » approche. Attendre une situation urgente pour réfléchir au comment risque fort de limiter les options le moment venu.

Ainsi, préparer un mandat en cas d’inaptitude ne rend pas inapte, rédiger son testament ne fait pas mourir, planifier sa retraite ne fait pas vieillir. Discuter de ses souhaits et de ses besoins pour le futur permet de faire le point et d’utiliser ses forces vives pour faire des choix éclairés.

La section Lévis–Rive-Sud de l’AQDR, consciente de cette réalité, prépare avec le concours de plusieurs collaborateurs un programme de formation spécialisée en vue de la préparation à la vie en hébergement privé. Elle sera offerte au cours des prochaines années aux personnes retraitées et à leurs proches. Cette formation servira à réfléchir et à guider les choix futurs tant au plan des services à domicile que de l’hébergement.