Le dépistage auditif précoce chez les bébés

13 août 2015

Dépistage auditif précoce

Depuis des années, des organismes tels que le National Institute of Health (NIH, 1993) et l’American Speech-Language-Hearing Association (ASHA, 1991) recommandent le dépistage auditif précoce et une intervention rapide. Malgré cela, aux États-Unis, les enfants qui reçoivent un diagnostic de perte auditive ont déjà en moyenne entre 18 mois et deux ans et demi.

Comment l’avenir de ces enfants aurait-il pu être amélioré si leur perte auditive avait été décelée plus tôt? La question se pose.

Les chercheurs Yoshinaga-Itano et Apuzzo (1998) ont voulu savoir quelles étaient les conséquences réelles d’un dépistage auditif tardif sur le développement des enfants malentendants. Pour ce faire, ils ont créé deux groupes : le groupe A, composé de 15 enfants dont la surdité avait été décelée avant leurs 6 mois, et le groupe B, formé de 25 enfants ayant reçu un diagnostic après l’âge de 18 mois. Lorsque tous ces enfants ont atteint l’âge de 40 mois, les chercheurs les ont évalués selon sept sphères de développement, pour ensuite comparer les résultats : le développement général, la motricité globale, la motricité fine, le langage expressif, la compréhension conceptuelle, la compréhension situationnelle et les habiletés sociales.

Les conséquences de trop tarder

L’étude a mis en lumière des différences en lien avec l’âge qu’avaient les enfants au moment du diagnostic de la perte auditive. Les différences au niveau du langage expressif et de la compréhension conceptuelle étaient significatives, tandis que celles liées au développement général des deux groupes étaient considérables.

Par exemple, les enfants du groupe A ont montré un âge développemental de 32 mois pour le langage expressif et de 34 mois pour la compréhension conceptuelle, soit un retard de 8 et de 6 mois respectivement. Somme toute, ce résultat se situe dans les limites de la normale.

Quant aux enfants du groupe B, leur âge développemental a été évalué à 26 mois pour le langage expressif et à 28 mois pour la compréhension conceptuelle, soit un retard respectif de 14 et de 12 mois.

Au final, le groupe A a mieux réussi que le groupe B dans six des sept sphères évaluées, et ce, même si seulement trois des tests étaient directement lié à l’audition.

Cette étude met donc en relief les conséquences négatives d’un diagnostic de perte auditive et d’une intervention tardifs et montre bien que ces conséquences dépassent largement les sphères en lien direct avec l’audition.

Chose certaine, l’appareillage auditif est une étape clé du plan d’intervention, peu importe le moment dans la vie de l’enfant où il est mis en place. Il est primordial de bien choisir les appareils auditifs de l’enfant parmi les multiples gammes d’appareils auditifs sur le marché, et qui sont dotés de caractéristiques conçues pour les besoins évolutifs de l’enfant.

Pour de plus amples détails sur le dépistage auditif précoce, consultez un audiologiste.

Une évaluation par un audioprothésiste est requise afin de déterminer quels appareils auditifs conviennent à vos besoins.
Références :
YOSHINAGA-ITANO, C. et M.-R. Apuzzo (1998). « Identification of hearing loss after age 18 months is not early enough ». American Annals of the Deaf, décembre 1998; 143, 5; Health Module, p. 380.