Danielle Ouimet mord dans la vie!

26 janvier 2015

Danielle Ouimet

Danielle Ouimet est une personnalité attachante bien connue du public québécois. Dans le cadre de la 3e édition du Salon FADOQ 50 ans +, le Magazine Lobe a eu la chance de s’entretenir avec elle.

Q : Madame Ouimet, pourquoi avez-vous accepté d’être la porte-parole du Salon FADOQ 50 ans + ?

R : Parce qu’on me l’a demandé ! (Rires.) Je suis une personne très rationnelle vous savez ! Quand on me propose des choses qui me semblent plaisantes, je suis très ouverte. Je suis arrivée à un âge vénérable où je peux choisir entre ce qui me plaît ou non.

Plus sérieusement, quand on m’a dit que la FADOQ cherchait un porte-parole et qu’on avait pensé à moi, je me suis sentie flattée. Notre population vieillit et j’ai l’impression qu’on ne fait pas attention aux personnes vieillissantes, notamment dans mon milieu de travail. Je fais un métier que j’adore depuis 52 ans, et là on me dit que je suis presque trop vieille pour le faire alors que j’ai toute ma tête, tout mon esprit et encore toute mon énergie.

C’est pourquoi lorsqu’on m’a offert d’être la porte-parole de l’événement je me suis dit : « Pourquoi ne pas rencontrer des gens comme moi et voir ce que l’on peut faire ensemble ? » Il y a certainement des solutions à trouver pour passer le temps de façon agréable. Moi, je suis une fille qui n’arrête jamais ! Je pense que c’est lorsque tu arrêtes d’être occupé que tu deviens vieux.

Q : Vous œuvrez dans le domaine des communications depuis de nombreuses années. Quelle importance revêt l’ouïe dans votre métier ?

R : C’est sûr que j’ai plus de difficulté à entendre qu’avant, mais je m’ajuste ! (Rires.) Honnêtement, je n’ai pas de gros problèmes d’audition. Pour moi, ce serait plus difficile de perdre la vue que l’ouïe, puisque j’écris et je peins. Par contre, si je perdais l’audition, ce serait aussi un gros problème. Vous savez, c’est comme l’électricité : c’est lorsque tu n’en as plus que tu réalises son importance !

Beauté et santé

Q : Vous avez toujours été une très belle femme. De quelle façon prenez-vous soin de vous ?

R : Vous savez, je n’ai pas beaucoup le temps pour ça ! (Rires.) Je pense que je suis en santé parce que je ne fais pas attention. Il y en a qui s’accrochent à leurs bobos, mais pas moi !

Un jour que je devais tourner une émission, je me suis réveillée à cinq heures du matin et j’avais complètement perdu la voix. Comme je devais absolument être sur le plateau le matin même, je me suis rendue d’urgence à l’hôpital. L’infirmière sur place alors a pris ma tension. Lorsqu’elle a regardé le résultat, elle m’a dit que je ne pourrais pas quitter l’hôpital puisque je risquais de faire un AVC. Je ne l’ai pas écoutée : je suis allée faire mon émission et ensuite je suis retournée me faire soigner.

Depuis cet épisode, je marche et je prends les escaliers. Je tente de prendre soin de moi naturellement. Ainsi quand j’ai faim, je mange et quand je n’ai pas faim eh bien… je ne mange pas ! Je ne fais pas trop attention parce que je trouve que la vie est remplie de contraintes : on ne peut plus manger de gras, on ne peut plus manger de sucre, il faut faire de l’exercice… Un instant ! Ce n’est pas vivre ça ! Si on est malade, on se fait voir par son médecin; on s’occupe de parer au plus urgent et après ça on prend le temps de vivre.

Q : Comme vous le savez, le Magazine Lobe traite de l’audition et il est publié par les cliniques Lobe. Quel message aimeriez-vous partager avec nos lecteurs qui vivent avec un problème d’audition ?

R : De mettre à profit les autres sens qu’ils ont. Si tu n’es plus capable d’entendre la musique, mets de la couleur dans tes yeux en prenant des cours de dessin par exemple. D’ailleurs, j’aime quand c’est silencieux autour de moi. Quand je suis chez moi, je n’écoute aucune musique. Je pense que la musique intérieure est aussi importante que tout le reste. Je pense que le silence, surtout quand il t’est imposé, doit être rempli par des capacités autres que le son. Il y a tellement de choses à faire !

Son rôle dans l’évolution de la femme dans la société québécoise

Q : Vous avez joué un rôle important dans l’évolution de la femme au Québec. Quelle a été selon vous votre plus grande contribution au monde des communications ?

R : Moi, ce n’est pas la gloire qui m’intéresse, mais le bonheur du travail bien fait. Je dois dire que comme j’ai commencé avec la nudité, la pente a été difficile à remonter puisque je devais prouver que j’étais autre chose que ça. Heureusement, certains l’ont compris, mais j’ai dû le faire en étant persévérante et en gardant ma ligne de pensée. Je pense que c’est ça que les gens aiment de moi. Je suis une personne intègre qui se tient debout. On ne me fait pas faire n’importe quoi.

Q : Quel conseil donneriez-vous à une jeune femme qui commence dans ce domaine ?

R : Je dirais qu’il faut qu’elle réussisse à se démarquer, et c’est malheureusement le plus difficile. Vous savez, ça, on l’a ou on ne l’a pas. Certaines jeunes femmes souhaitent être dans la télévision et non faire de la télévision. Ce n’est pas du tout la même chose ! Je suis de cette génération qui croit que c’est en travaillant et en persévérant qu’on réussit.

Ses passions

Q : Au cours de votre carrière, vous avez été comédienne, chanteuse et animatrice. Quel a été le meilleur moment de votre carrière ?

R : Je pense que ce sont les rencontres que j’ai faites. Ce n’est pas tant le métier, parce qu’il est très dur. Les gens se lancent dans ce travail en ne voyant que le côté glamour de la chose, mais c’est un métier extrêmement dur. Tu reçois des claques toute ta vie et tu dois apprendre à te relever et à recommencer. Dans le fond, quand tu fais ce métier-là, tu dois établir ce qui te fait le plus plaisir et déterminer pourquoi tu restes. Pour ma part, ça toujours été les rencontres.

Que ce soit de travailler avec un monsieur Bélair qui avait le souci d’un français parfait, un Jean-Pierre Coallier qui m’a tout appris de la radio ou une
Dominique Michel qui m’a prise sous son aile en m’apprenant le métier de la scène. Ce sont les gens que j’ai rencontrés qui m’ont tenue dans ce métier.

Q : Quel est le plus grand rêve que vous aimeriez réaliser dans les prochaines années ?

R : Il y en a un seul. C’est assez bizarre à dire, mais si ça n’arrive pas, ça ne me dérangera pas. En fait, je n’ai jamais eu de nomination en 52 ans de métier et je n’ai jamais gagné de prix. J’aurais aimé en gagner un pour ma mère. Dans sa tête, cette consécration-là signifiait que sa fille avait réussi. Un peu comme si je recevais mon diplôme.

Je l’aurais voulu pour ma mère, mais… elle n’est plus là ! Alors, si demain matin je ne l’ai pas, eh bien… je n’en ferai pas une dépression ! (Rires.) Par contre, j’aurais aimé que ma mère puisse voir ça. Je lui aurais laissé la statuette et elle l’aurait montrée aux gens où elle habitait. Elle était tellement fière de moi !

Les projets dans ses cartons

Q : En terminant, quels sont vos projets professionnels ?

R : En fait, je rêve de jouer dans un film qui me ferait connaître sous un autre jour. J’ai d’ailleurs tourné Les signes vitaux il y a trois ans. J’y interprétais le rôle d’une femme de 75 ans qui meurt d’un cancer du cerveau. Les critiques ont été excellentes, mais le public n’était pas au rendez-vous. J’aimerais revivre une telle expérience.