Choisir un professionnel de la santé !

15 août 2009, par Martine Rodrigue
Nous nous entendons tous à l’effet que choisir son professionnel de la santé est un droit fondamental et légitime. La Loi sur les services de santé et les services sociaux, article 6, confirme ce droit, bien que rien dans cette loi ne limite la liberté qu’a un professionnel d’accepter ou non de traiter une personne.

Il est facile de déduire que ce libre choix s’applique aussi à tous les autres services privés de santé quels qu’ils soient.

Vous-même êtes peut-être à la recherche d’un professionnel de la santé ? Êtes-vous prêt à faire un choix… éclairé ? D’abord, sachez que quelques embûches jalonnent cet exercice. La proximité du service souhaité, sa disponibilité, son accessibilité font partie des contraintes pour lesquelles nous sommes généralement assez impuissants. Pour tous les autres aspects de la recherche, il convient, et nous nous devons de le faire, de porter un regard plutôt critique.

Par exemple, saviez-vous que certaines compagnies d’assurances peuvent vous refuser le remboursement de vos frais pour certains soins si ceux-ci sont dispensés par un professionnel qui s’avère être un proche parent ? Il est important de bien lire vos contrats. Le cas échéant, il ne faut pas hésiter à envisager la contestation de telles clauses qui sont de nature à brimer le libre choix.

L’évaluation des compétences des professionnels et la connaissance des recours réels existants ne sont pas des choses si simples. Comme vous choisissez avec soin la personne qui réparera votre voiture, cela va de soi que vous vouliez en faire autant pour vous-même ! L’Office des professions du Québec peut vous fournir la liste de tous les ordres professionnels* reconnus du Québec (ils sont au nombre de 45). Parmi ceux-ci, on retrouve les ordres encadrant les pratiques des professionnels de la santé. Les services d’information des ordres professionnels sont aussi en mesure de confirmer si tel professionnel est bel et bien membre en règle, donc soumis aux devoirs et obligations de sa profession. Un tel ordre s’assure que ses membres accordent les meilleurs services possible au public. Il réglemente aussi l’exercice de la profession, contrôle l’intégrité et la conduite de ses membres. Il nomme un syndic chargé de recueillir les plaintes du public**.

Par contre, une association professionnelle défendra, en premier lieu, les intérêts socio-économiques et le bien-être de ses membres. Il faut donc éviter de confondre l’un et l’autre.

Bien entendu, les recommandations de l’entourage ou de proches généralement bien informés, ayant eu recours aux services d’un professionnel, pourront assurément guider vos choix. Au-delà de ces références, la réputation du professionnel, son savoir-faire, sa qualité d’écoute, le respect de vos besoins, l’attention et le suivi accordé au dossier comptent parmi les critères les plus importants.

La relation entre le client et le praticien est mutuelle. Elle dépend aussi de la participation active du client, tant au plan de l’expression claire de ses besoins qu’au choix des solutions disponibles et à l’application des recommandations. En fait, tout repose sur les devoirs et les droits de chacune des parties, lesquels concourent ensemble au mieux-être des personnes.

* Ordre professionnel n. m. (Office de la langue française) : Groupement professionnel, ayant une personnalité juridique, auquel sont affiliés les membres de la profession et bénéficiant de prérogatives étatiques telles que le pouvoir réglementaire et le pouvoir disciplinaire.

** www.opq.gouv.qc.ca

L'auteure:

 

Dans un objectif de conformité, les termes appareils auditifs sont préférés
à ceux de prothèses auditives.