AVEZ-​VOUS LE MAL DES TRANSPORTS ?

4 juin 2018

 

 

 

 

 

 

 

En voiture, en avion, en train ou en bateau, certaines personnes peuvent ressentir différents symptômes que l’on associe au mal des transports : nausées, vomissements, maux de tête, étourdissements, etc.

Pourquoi avons-nous le mal des transports ?

Il est d’abord important de clarifier le lien entre l’oreille et le mal des transports. Dans l’oreille interne se trouve le système vestibulaire, qui sert à déterminer l’orientation et le mouvement de la tête dans l’espace. L’équilibre implique une interaction entre les trois systèmes suivants :

– le système vestibulaire (oreilles internes)
– le système visuel (yeux)
– le système proprioceptif (récepteurs de pression et de mouvement dans la peau, les muscles et les articulations)

Si ces systèmes envoient des messages contradictoires au cerveau, des étourdissements, des nausées ou d’autres malaises peuvent survenir. Par exemple, si nous lisons un roman en voiture, les oreilles internes perçoivent des accélérations, des décélérations, des virages et des ballottements, tandis que nos yeux et nos muscles nous informent que nous ne bougeons pas. Ces renseignements qui ne concordent pas entre eux peuvent donc occasionner le mal des transports.

Pourquoi le corps réagit-il ainsi ?

L’hypothèse la plus répandue pour expliquer les symptômes digestifs engendrés par le mal des transports est celle du « détecteur de poison ». Cette hypothèse avance que, en plus du maintien de l’équilibre, le système vestibulaire peut détecter la présence de toxines dangereuses pour notre corps, par exemple l’ingestion d’aliments avariés ou de poisons.

Rappelons que le mal des transports est causé par la perception de l’information contradictoire provenant des trois systèmes mentionnés précédemment. Dans une telle situation, le cerveau présume que nous avons des hallucinations causées par l’ingestion d’un poison. Il réagira donc en provoquant des nausées ou des vomissements pour éliminer les toxines présentes dans le corps.

Que faire ?

Il existe des moyens pour diminuer notre sensibilité à court ou à long terme face au mal des transports. En voici quelques-uns :

Thérapie d’habituation

Le cerveau, facilement modulable, peut s’habituer à recevoir de l’information contradictoire provenant des systèmes vestibulaire, visuel et proprioceptif. Cette habituation du cerveau s’effectue à un rythme différent pour chaque personne. Pour tenter d’habituer notre cerveau plus rapidement, on peut utiliser la thérapie d’habituation. Elle consiste à s’exposer à différents mouvements qui font ressortir les symptômes du mal des transports. Les séances d’exposition doivent être graduelles, nombreuses et rapprochées (à un intervalle de moins d’une semaine). Les résultats peuvent donc prendre plusieurs semaines avant d’être remarqués. Il s’agit du meilleur moyen d’éliminer le mal des transports à long terme.

Médication

Il existe de la médication en vente libre pouvant aider au mal des transports. Cette option peut être un bon moyen pour tenter d’enrayer ponctuellement les effets du mal des transports. Généralement, ces médicaments agissent directement sur le système vestibulaire. Il est important de consulter votre pharmacien pour connaître les différentes options ainsi que les contre-indications, et pour demeurer informé des possibles effets secondaires.

Astuces faciles

  • Nous pouvons adopter certains comportements réduisant le risque d’éprouver des symptômes en lien avec le mal des transports, dont :
  • Regarder l’horizon à l’extérieur du véhicule
  • Éviter de bouger la tête
  • Être en contrôle du véhicule (être le conducteur)
  • Contrôler sa respiration
  • Écouter de la musique agréable
  • Tenir son esprit occupé
  • Rester calme
  • Ne pas s’asseoir à l’arrière du véhicule

Le vertige et nos systèmes

Pour maintenir l’équilibre, les systèmes visuel, vestibulaire et proprioceptif travaillent de concert. Toutefois, en hauteur, les repères visuels sont plus rares. Par exemple, en haut d’une falaise, la distance entre nos yeux et les éléments visibles est plus grande, ce qui rend le maintien d’un point de fixation difficile. Comme notre équilibre est alors plus fragile, un vertige peut se faire sentir. Les gens au système vestibulaire plus faible ont davantage besoin d’information visuelle pour maintenir leur équilibre. Ils seraient donc plus enclins au vertige.

Pour en apprendre davantage, consultez un audiologiste ou un médecin ORL.

Chloé Labossière, M.P.A.
Audiologiste exerçant aux cliniques Lobe de Sherbrooke et de Lac-Mégantic

 

Références :
– FARRELL, L. Vestibular rehabilitation therapy. En ligne. vestibular.org/understanding-vestibular-disorder/treatment/treatment-detail-page. Consulté le
1er novembre 2017.
– GOLDING, J. F. Motion sickness susceptibility. Autonomic Neuroscience, 129(1), 67-76. 2006.
– GOLDING, J. F. Motion sickness. Dans Furman, J. M. et Lempert, T. Neuro-otology. 3e édition, volume 137, pp. 371-391. Elsevier. 2016.
– LACKNER, J. R. Motion sickness : more than nausea and vomiting. Experimental Brain Research, 232(8), 2493–2510. 2014. En ligne. doi.org/10.1007/s00221-014-4008-8. Consulté le 20 juillet 2017.
– ZHANG, L. L., WANG, J. Q., QI, R. R., PAN, L. L., Li, M., et CAI, Y. L. Motion sickness : current knowledge and recent advance. CNS neuroscience & therapeutics, 22(1), 15-24. 2016.