Accepter sa surdité

15 novembre 2008

Accepter sa surdité

C’est privilégier sa qualité de vie !

Accepter sa propre déficience auditive ou celle de son enfant demande un certain temps et une bonne dose de courage. Sachez que vous n’êtes pas les seuls à vivre ces émotions puisque plus de 10 % de la population souffre de surdité !

En réalité, le processus d’acceptation de la surdité est comparable au processus de deuil. En effet, le fait d’accepter sa surdité demande d’accepter les difficultés et les handicaps qui y sont associés. Pour les parents d’un enfant ayant une déficience auditive, c’est admettre que leur enfant est différent. Quant à l’adulte atteint, il s’agit d’accepter les différences avec le passé et de conjuguer avec de nouvelles situations de la vie quotidienne.

Le processus d’acceptation de la surdité se résume en cinq étapes. Ce dernier n’est cependant pas linéaire, c’est-à-dire qu’il est possible de revivre une étape subséquente, et ce, à plusieurs reprises. Il faut aussi savoir que l’ordre de celles-ci dépend de chacun de nous.

D’abord, à la suite de l’annonce du diagnostic, c’est l’état de CHOC. Le choc d’apprendre que son enfant a une surdité ou encore de découvrir que les difficultés vécues sont liées finalement à une déficience auditive. À ce moment, une vive émotion est ressentie et une tonne de questions font surface.

Puis, vient l’étape de la NÉGATION. Une période de grand optimisme, voire même d’exagération. On nie les impacts réels de la surdité et on recherche une seconde opinion dans le but d’obtenir un avis favorable qui ira à l’encontre du diagnostic initial. L’absence de prise en charge et d’engagement caractérise généralement cette étape.

Le désespoir, la colère, l’anxiété et la tristesse succèdent. C’est généralement une étape difficile: pourquoi moi? CULPABILITÉ et IMPUISSANCE sont alors ressenties. Les personnes y vivent généralement une période d’isolement et de peur plus ou moins intense.

Ensuite, ces derniers sentiments s’estompent pour laisser place au DÉTACHEMENT. Les limites sont admises, mais des situations de conflits et d’incompréhension sont encore perceptibles. Par exemple, un appareillage est envisagé, mais la situation reste encore très émotive. Le malentendant ne s’affiche pas totalement et la surdité reste un sujet encore tabou. Ce n’est que plus tard que la personne pourra en parler de façon positive.

La finalité du processus est nécessairement l’acceptation et la réorganisation.
Accepter, c’est croire au futur, trouver des moyens compensatoires et s’adapter. Dans cette étape, des initiatives sont adoptées, des moyens sont mis à profit. Choisir de porter des appareils auditifs ou d’appareiller les oreilles de son enfant ne veut pas dire que la surdité est acceptée, mais c’est tout de même un pas de plus dans la bonne direction.

Chaque étape est nécessaire à l’acceptation et une personne ne devrait jamais vivre le jugement de la part d’un professionnel, ni d’un proche. Au contraire, ces personnes clés devraient favoriser l’avancement en apportant du support.

Néanmoins, certaines personnes peuvent stagner à une étape et y rester pendant une très longue période, voire même à perpétuité. Dans ces situations, il est nécessaire de demander de l’aide. L’audiologiste est sans contredit le professionnel qui vous aidera à traverser le processus d’acceptation de la surdité.

Lorsque les situations sont plus complexes et plus émotives, d’autres professionnels, comme les psychologues, sont intégrés à la réadaptation. Il est à noter que certains psychologues sont spécialisés dans le domaine de la surdité. Règle générale, on trouve ces professionnels dans des centres de réadaptation.

Pour de plus amples informations, n’hésitez pas à consulter votre audiologiste.