Judi Richards, touchée… et touchante !

2 juin 2010
Le parcours professionnel de Judi Richards est à l’image de l’artiste complète qu’elle est devenue. D’abord danseuse formée au ballet classique, chorégraphe, puis animatrice, ensuite choriste, chanteuse au sein du groupe Toulouse, puis en solo, auteure-compositrice et interprète doublée d’une femme d’affaires et d’une personnalité des plus humanistes, voilà une trajectoire éclectique où elle a toujours montré sa nature artistique entière et engagée.

Judi Richards

Elle s’intéresse également à la Langue des signes québécoise (LSQ). Pour elle, la LSQ est un outil de communication passionnant que tout le monde pourrait apprendre pour mieux communiquer : « … à tout âge, dans n’importe quel environnement, même très bruyant, ainsi qu’en n’importe quel pays. Il y a une base dans un vocabulaire simple qui reste pareille sur plusieurs continents, et le fait d’être obligé d’organiser nos questions et nos idées clairement en LSQ est un atout pour être compris pas mal n’importe où ! »

En 1986, lors de l’émisssion d’adieu « Dites Ciao » de Judi et son groupe Toulouse (diffusée à Radio Canada), les interprètes voulaient pouvoir « signer » une de leurs chansons. C’est là que Judi a rencontré Julie-Élaine Roy, une des instigatrices du Dictionnaire de la LSQ, une femme d’influence sourde diplômée de l’Université Galaudet aux États-Unis. Passionnée d’apprendre cette langue gestuelle, Judi suit les cinq niveaux de cours à l’Institut Raymond-Dewar de Montréal. Elle siégera ensuite, en 1989, au conseil d’administration de la Fondation des Sourds du Québec.

Dans le cadre du 20e anniversaire du Conseil québécois de la déficience auditive (CQDA), elle compose la chanson « Tout est dans nos mains » avec son guitariste et complice de longue date, Christian Frappier. Pour la première fois, Judi chante et signe en LSQ devant un auditoire d’entendants, de malentendants et de personnes sourdes. Elle adore l’expérience et, par la suite, signe toujours au moins une chanson en LSQ lors de ses spectacles.

Judi Richards tient à appuyer « tout ce qui est fait pour sensibiliser la population à la riche culture des personnes sourdes au Québec ». Elle souhaite aussi que le Québec puisse offrir la possibilité d’apprendre la LSQ dans nos écoles primaires !

Parallèlement à sa carrière artistique, Judi Richards est fière ambassadrice de Oxfam Québec et elle donne des conférences où elle partage son expérience de vie en tant que femme, épouse, mère et chanteuse ainsi que son implication pour les causes des femmes et des plus démunis.

Mentionnons que Judi Richards a accepté de partager son expérience avec les lecteurs du Magazine Lobe pour sensibiliser les gens à prendre soin de la santé de leur audition. Elle dit d’ailleurs : « Entendre comme il faut est un cadeau à chérir. »

Judi Richards produit en 2008 deux spectacles de ses chansons et des monologues de Yvon Deschamps entièrement signés en LSQ par les interprètes de la jeune compagnie Interface. Une expérience inoubliable, nous confie-t-elle : « D’ailleurs, dans la salle, il y avait 50 % de personnes entendantes et 50 % de personnes sourdes/malentendantes. À la fin d’une représentation, une jeune fille venue avec sa mère sourde m’a avoué que c’était la première fois qu’elle voyait un spectacle où sa mère avait compris la même chose, avec les mêmes nuances qu’elle… C’était très touchant ! »