Perte auditive chez un proche: être empathique et compréhensif

13 août 2015, par Roxanne Thiffault, Ève Godbout et Stéphanie Poirier

La perte auditive chez un proche

La perte auditive est un sujet tabou. Selon l’image collective, les appareils auditifs sont synonyme de vieillesse, de perte d’autonomie et même de handicap. Pourquoi les gens portent-ils des lunettes sans se sentir « vieux », alors que les lunettes sont aussi des appareils visuels ? C’est là un sujet délicat à aborder pour certaines personnes, qu’elles soient conscientes ou non de leur perte auditive. Ainsi, l’opinion des proches fait souvent une grande différence lorsqu’il s’agit pour une personne d’accepter sa perte auditive et d’agir à cet égard.  

Une personne qui apprend qu’elle a une perte auditive a souvent une réaction de déni face à la nouvelle, et elle peut avoir besoin d’un certain temps pour accepter la situation. Il est alors crucial qu’elle se sente suffisamment à l’aise avec son entourage pour aborder ce sujet en toute confiance. 

D’abord, la personne doit réapprendre à vivre avec sa nouvelle réalité. Les proches, de leur côté, doivent modifier leur façon de communiquer. Par exemple, ils doivent d’abord attirer son attention avant de lui parler (se rapprocher, la nommer, lui toucher), lui parler lentement, prononcer distinctement et s’assurer d’être dans la même pièce. Couper les bruits environnants (télévision, radio) et éviter de se cacher la bouche (avec les mains ou un foulard, par exemple) sont également des habitudes à adopter.  

L’approche à adopter avec une personne vivant avec une perte auditive

Ce lien privilégié que vous avez avec la personne malentendante pourra influer sur les démarches qu’elle choisira d’entreprendre. Vous pouvez aborder le sujet en lui donnant des exemples tangibles de la vie quotidienne où elle a eu de la difficulté à comprendre son interlocuteur. Par exemple : « Maman, j’ai remarqué hier au souper que tu faisais souvent répéter et que par la suite tu ne participais plus aux discussions. »

Dans son quotidien, la personne ayant une perte auditive se fait souvent demander de baisser le volume de la télévision, ou encore elle se fait reprocher de ne pas comprendre son interlocuteur lorsqu’il parle. Souvent dans le déni, cette dernière rétorque à son conjoint que c’est lui qui a « les oreilles trop fines » ou qu’il ne parle pas assez fort. Cette étape fait partie du processus d’acceptation et est tout à fait normale.

Comment faciliter l’acceptation de la perte auditive  ?

Pour aider une personne malentendante à cheminer dans son processus d’acceptation, échangez verbalement avec elle sur le sujet pour qu’elle sente que vous la comprenez. Demandez-lui si elle a noté elle aussi des situations où elle n’entend pas bien et où elle rencontre des difficultés causées par son déficit. Aidez-la à ouvrir ses horizons avec des lectures, des films ou des documentaires qui parlent de la santé auditive. Proposez-lui de l’accompagner pour rencontrer un professionnel de la santé auditive afin de connaître les étapes de prise en charge. Ce contact avec un professionnel permet d’ouvrir une porte sur le chemin de l’acceptation puisque la peur de l’inconnu peut créer un blocage.

Le rôle des appareils auditifs

Chose certaine, le fait d’attendre pour corriger la situation ne fait que l’empirer. Certaines personnes aux prises avec une perte d’audition ne sortent plus, elles s’isolent, vivent beaucoup de colère contre eux-mêmes et finissent par abandonner leur vie sociale. Après un appareillage auditif, tous les patients nous disent : « Avoir su, j’aurais agi avant ! » Il n’y a donc aucune raison d’attendre ! 

Les prothèses auditives redonnent le volume nécessaire pour entendre les sons et comprendre les mots selon le degré restant de discrimination. Il est donc tout indiqué de porter des appareils auditifs dès les premiers signes de perte auditive afin de favoriser le processus d’adaptation au nouveau son. 

L’intelligibilité de la parole est la capacité de comprendre les mots. Par exemple, si le pourcentage d’intelligibilité de la parole d’une personne est de 20 %, cela signifie qu’elle parvient à comprendre correctement deux mots sur dix. La discrimination auditive, quant à elle, est l’aptitude d’une personne à différencier le son des consonnes phonétiquement semblables, comme M-N, P-B, T-D ou S-Z (hameau / anneau, peau / beau, tire / dire, dessert / désert).

Si vous soupçonnez avoir une perte auditive ou qu’une personne de votre entourage semble présenter une perte auditive, nous vous encourageons à consulter un professionnel de la santé auditive.

Les auteures:

 

Dans un objectif de conformité, les termes appareils auditifs sont préférés
à ceux de prothèses auditives.