Le fonctionnement de la parole

15 février 2011
Le fonctionnement de la paroleL’humain est un être complexe. Chaque partie qui le compose est interreliée d’une manière ou d’une autre, ce qui en fait sa complexité. Par exemple, pour communiquer verbalement avec nos pairs, nous utilisons un système pour émettre des sons, mais aussi pour les entendre et les comprendre. On discutera donc de la parole.

Comment fonctionne la parole ?

À la base, l’émission d’un son est produite par le passage de l’air que l’on expire à travers un conduit modulé pour produire la note voulue. Ce conduit, le tractus vocal, est constitué principalement du larynx et de la bouche. Le positionnement des différentes structures internes, comme les cordes vocales, la langue, les dents, le palais et les lèvres, produira un son caractéristique que l’on appelle phonème. Chaque langue (française, anglaise ou autre) possède ses propres phonèmes.

C’est de cette façon que, pour la langue française, nous modulons notre tractus vocal afin de prononcer des voyelles et des consonnes. Chaque phonème que nous produisons possède une énergie, une signature fréquentielle et temporelle. C’est ainsi que nous pouvons déterminer s’il s’agit d’un son long avec beaucoup d’énergie et de plus basses fréquences comme une voyelle (a, e, i, o, u, y), ou bien un son très court avec peu d’énergie et de plus hautes fréquences comme certaines consonnes (p, t, k).

Schématiquement, les lettres, les sons, les phonèmes de notre langue se retrouvent dans une zone fréquentielle et énergétique. Cette zone, reportée sur un graphique servant à l’interprétation des résultats audiologiques (l’audiogramme), prend la forme d’une banane, d’où le nom de banane de la parole (voir figure 1).

Cette capacité à communiquer par la parole ne peut s’effectuer correctement sans le fonctionnement adéquat du système de contrôle : l’audition. Le principe est bien simple : pour bien parler, il faut bien entendre. C’est ce que l’on appelle la boucle audio-phonatoire. L’intégrité de chacune des structures de décodage, de transmission, de jugement et d’émission est essentielle. Prenons par exemple une personne complètement sourde de naissance. Dès les premiers mois de sa vie, l’enfant va émettre des sons que l’on qualifie de babillages. Ceux-ci, chez l’enfant sourd, vont s’estomper jusqu’à disparaître complètement. Souvent, ces personnes reçoivent à tort l’étiquette de « sourd-muet ». Dans les faits, elles ne sont pas du tout muettes. Elles n’ont simplement pas eu l’opportunité d’apprendre comment moduler leur tractus vocal pour produire une note compréhensible pour un normo-entendant. Ces personnes apprendront donc d’autres formes de communication comme la langue des signes québécoise (LSQ). Il existe également des établissements scolaires spécialisés qui enseignent à ces personnes comment communiquer oralement. C’est ce que fait par exemple l’École oraliste de Québec pour enfants malentendants ou sourds.

Le fonctionnement de la parole

Qu’en est-il des gens qui ont une surdité acquise au cours de leur vie ?

La réponse varie en fonction du degré de la surdité et de l’âge de l’acquisition. Plus la surdité survient en bas âge et plus la surdité est sévère, plus les répercussions sur la parole seront importantes.

Imaginez quelqu’un dont la perte d’audition le prive d’une partie de l’information contenue dans la banane de la parole (voir figure 2). Cet individu sera donc privé du contenu fréquentiel en hautes fréquences, donc de la majorité des consonnes nécessaires à la compréhension des mots. De ce fait, il pourra entendre certains phonèmes, mais comme beaucoup d’informations seront manquantes, il ne pourra comprendre le sens du mot à moins de le deviner. Certains mots de notre langue se ressemblent comme six et dix, treize et seize, fil et cil, pain, main et bain. Nous avons besoin de nos hautes fréquences (consonnes) pour les distinguer les uns des autres.

L’impact ne sera pas seulement au niveau de la compréhension de la parole, mais aussi au niveau de la prononciation.

Rappelez-vous, on ne peut répéter ce que l’on n’entend pas.

À long terme, les sons comme « s » ou « ch » pourraient ne plus être prononcés adéquatement par un patient atteint d’une telle surdité surtout si celle-ci est acquise en bas âge.

Si vous croyez que votre audition ou même votre prononciation vous joue des tours, n’hésitez pas à consulter votre audiologiste qui exerce dans les cliniques multidisciplinaires Lobe Santé auditive et communication pour un examen de votre audition. C’est la première étape à franchir pour atténuer les conséquences d’une perte auditive sur votre compréhension des mots.

Visitez le blogue de Lobe en cliquant dès maintenant ici.

 

Dans un objectif de conformité, les termes appareils auditifs sont préférés
à ceux de prothèses auditives.