La profession d’audioprothésiste

10 juin 2013

La profession d'audioprothésiste

En tant qu’audioprothésiste, il me fait plaisir de vous décrire ma profession. Le plus beau métier du monde ! J’ai la chance d’avoir un travail que j’adore car il me permet de faire une différence dans la vie des gens.
La pratique de l’audioprothèse est beaucoup plus que l’ajustement d’appareils auditifs. C’est davantage une profession qui fait appel à une complicité entre la personne malentendante, l’audioprothésiste et les autres professionnels de la santé auditive. L’objectif premier étant d’améliorer sa qualité de vie.

Ma profession requiert une étroite collaboration avec l’audiologiste et le médecin ORL, entre autres. Une personne qui constate une baisse de son audition peut procéder de plusieurs façons. Elle peut être vue directement par l’audiologiste pour effectuer un examen de l’audition ou choisir d’en parler à son médecin de famille. Celui-ci la dirigera alors vers un audiologiste ou le médecin ORL selon les symptômes recueillis. Si nécessaire, le médecin ORL demandera alors une évaluation complète en audiologie. Selon la lecture de l’audiogramme, l’audiologiste ou le médecin ORL dirigera alors la personne malentendante vers l’audioprothésiste pour la sélection des appareils auditifs si la perte auditive ne peut être corrigée médicalement ou de façon chirurgicale. C’est donc à ce stade que je rencontrerai la personne malentendante pour le choix de ses appareils auditifs, et ce, en fonction de ses besoins d’écoute et de communication. La relation aidante débute alors ! Il est primordial pour la personne malentendante que je sois en étroite relation avec toutes les personnes pouvant lui apporter une aide significative.

Souvent, les personnes atteintes de surdité vont s’isoler. Elles se désintéressent des activités qui auparavant les animaient, elles n’arrivent plus à comprendre leurs téléromans, etc. Ma profession consiste à informer la personne malentendante et à l’accompagner dans ses démarches pour améliorer son audition. Comprendre et accepter sa surdité lui permet de maîtriser sa situation et lui redonne confiance en elle. Par exemple, lorsqu’on l’informe sur les stratégies d’écoute et de communication, la personne malentendante recommence à discuter en groupe.

Voici quelques trucs que la personne malentendante peut mettre en pratique dans son quotidien pour maximiser ses chances de bien comprendre : lorsqu’elle discute autour de la table de la cuisine, il est important d’éteindre la télévision ou de ne pas faire fonctionner le lave-vaisselle; au restaurant, elle doit choisir un endroit tranquille plutôt qu’un endroit bruyant; elle doit mentionner à ses proches de parler avec elle dans la même pièce de la maison et non de la cuisine au salon. De plus, elle doit accepter qu’elle aura à faire répéter à l’occasion même si elle porte des appareils auditifs. Des appareils auditifs ne sont pas des oreilles bioniques !

La plus grande joie que me procure ma profession est lorsqu’un patient me dit qu’il comprend à nouveau ses petits-enfants. Je suis heureuse lorsque les oiseaux ou la musique font à nouveau partie de la vie de mes patients; lorsqu’ils retrouvent du plaisir dans les rencontres de familles et les réunions. Souvent, ils me disent que le fait d’entendre à nouveau a changé leur vie. Je me sens privilégiée et j’ai vraiment l’impression de faire une différence dans la vie des gens !

En résumé, ma profession d’audioprothésiste consiste donc à établir une relation de confiance avec la personne malentendante, ses proches et les différents intervenants qui l’entourent. Je dois en premier lieu connaître les situations problématiques de compréhension des mots et l’informer de tous les outils dont elle dispose pour améliorer sa qualité de vie. Finalement, je dois me tenir au fait des nouveautés technologiques afin de lui offrir les outils à la fine pointe et répondant à ses besoins.

 

Dans un objectif de conformité, les termes appareils auditifs sont préférés
à ceux de prothèses auditives.