La surdité empêche-​t-​elle la conduite d’un véhicule routier ?

13 novembre 2012

Existe-t-il des restrictions relatives à la conduite automobile chez les personnes ayant une surdité ?

Plusieurs personnes malentendantes ont peur de perdre le droit de conduire un véhicule routier en raison de leur surdité. Cette crainte peut prendre davantage d’ampleur  chez les conducteurs professionnels, pour qui la conduite routière constitue leur principale source de revenus.

En ce qui concerne les personnes atteintes de surdité, la Société de l’assurance automobile du Québec a établi une condition particulière pour les détenteurs d’un permis des classes 2 (autobus) et 4 (véhicule d’urgence, petit autobus et taxi).

Cette condition stipule qu’une perte auditive à la meilleure oreille (malgré un appareillage auditif) dépassant 40 dB à la moyenne des fréquences 500 Hz, 1 000 Hz et 2 000 Hz empêcherait la conduite d’un véhicule routier des classes mentionnées précédemment.

La même condition s’applique pour les personnes conduisant aux États-Unis pour les classes 1, 2, 3 et 4B seulement.

Petit rappel… classes de permis

  • Classe 1 : Ensemble des véhicules lourds
  • Classe 2 : Autobus
  • Classe 3 : Camion porteur
  • Classe 4A : Véhicule d’urgence
  • Classe 4B : Petit autobus ou minibus
  • Classe 4C : Taxi
  • Classe 5 : Véhicule de promenade
  • Classe 6A : Toutes les motocyclettes
  • Classe 6B : Cylindrée de 400 cm3 ou moins
  • Classe 6C : Cylindrée de 125 cm3 ou moins
  • Classe 6D : Cyclomoteur
  • Classe 6E : Motocyclette à trois roues
  • Classe 8 : Tracteur de ferme
Société de l’assurance automobile du Québec, 2011

Notons qu’une évaluation médicale est requise lorsqu’un conducteur désire obtenir un permis d’une de ces classes. D’autres évaluations médicales sont également nécessaires lorsque le conducteur atteint l’âge de 45, 55, 60, 65 ans et aux deux ans par la suite.

Pour les conducteurs ayant des permis autres que ceux mentionnés ci-dessus, aucun critère ne s’applique. Il n’existe donc aucune restriction en ce qui concerne la conduite d’un véhicule de promenade au Québec.

Selon les études réalisées, une personne sourde de naissance ne présenterait pas davantage d’accidents routiers ni de violations du Code de la sécurité routière, comparativement à la population générale.

Si vous avez des questions sur ce sujet, n’hésitez pas à consulter les audiologistes qui exercent dans les cliniques multidisciplinaires Lobe Santé auditive et communication.

Références :
– Booher, H.R. (1978). « Effects of visual and auditory impairment in driving performance », Human Factors, 20, 307-319.
– LES Publications DU Québec (2001). Règlement sur les conditions d’accès à la conduite d’un véhicule routier relatives à la santé des conducteurs. Repéré à : http://www2.publicationsduquebec.gouv.qc.ca/dynamicSearch/telecharge.php?type=2&file=//C_24_2/C24_2R8.htm
– Société de l’assurance automobile du Québec. Classes de permis de conduire. Repéré à : www.saaq.gouv.qc.ca/publications/permis/classes_permis.pdf
– Société de l’assurance automobile du Québec. Évaluation médicale pour conduire aux États-Unis. Repéré à : http://www.saaq.gouv.qc.ca/publications/lourds/evaluation_medicale.pdf
– Steinhardt, D., et D. Wishart (2006). « Driver and rider licensing provisions for clients who are d/Deaf  », Journal of the Australasian College of Road Safety, 17(3), 34-39.

 

Dans un objectif de conformité, les termes appareils auditifs sont préférés
à ceux de prothèses auditives.