Ces petits bruits qui m’énervent

9 novembre 2016, par Kathia Faust

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Vous êtes-vous reconnu dans ces paroles ? Certaines personnes ont de la difficulté à tolérer des sons spécifiques de leur environnement, pas parce qu’ils sont jugés trop forts ou qu’ils nuisent à la communication, mais parce qu’ils sont inconsciemment associés à quelque chose de déplaisant et provoquent ainsi une aversion. C’est ce que l’on appelle la misophonie ou la « haine des sons ».

Des sons énervants

Ces sons, habituellement ignorés par la plupart des gens, peuvent provoquer des réactions fortes et négatives chez la personne misophone. Irritabilité, dégoût, anxiété, colère et rage en sont quelques exemples typiques. Bien que les personnes touchées soient généralement conscientes du caractère excessif et déraisonnable de leurs réactions, ces réponses impulsives sont souvent incontrôlables, voire automatiques. Selon le Dr Jastreboff, reconnu pour son expertise dans le domaine de l’acouphène et de l’hyperacousie, il s’agirait d’une mauvaise connexion acquise que notre cerveau établit entre un son spécifique et quelque chose de désagréable.

La plupart du temps (82 % des cas), les sons pour lesquels on éprouve de la haine seraient produits par une personne précise de l’entourage. Vous comprendrez ainsi que cette problématique peut avoir un impact significatif sur le quotidien des personnes atteintes, qui vont souvent tenter de fuir toutes situations où elles pourraient être confrontées à leur infortune. Elles vont même parfois développer une hypervigilance, c’est-à-dire réagir fortement même si le son est produit dans une autre pièce ou à la simple anticipation de celui-ci.

Misophonie et thérapie

Il faut savoir que dans plusieurs cas, la misophonie peut être associée à une condition psychologique telle que l’anxiété, la dépression ou le trouble obsessif compulsif. Une approche interdisciplinaire comprenant une thérapie en psychologie est donc souvent de mise dans le suivi de cette problématique. Les interventions actuelles les plus efficaces consisteraient globalement à désensibiliser la personne touchée, en l’exposant de façon contrôlée et répétée aux stimuli déclencheurs, le tout dans un contexte agréable afin de modifier ses associations négatives automatiques. L’utilisation de générateurs de bruit peut également aider à détourner l’attention du cerveau, ce qui permettrait parfois à plus court terme de réintégrer les activités quotidiennes.

En bref, bien que le terme « misophonie » soit relativement nouveau dans le monde scientifique, cette problématique est bien réelle, et ce, depuis longtemps. Il est donc important d’en parler, puisque le simple fait d’expliquer et de démystifier le phénomène peut parfois suffire à soulager les personnes incommodées.

Pour plus d’information à propos de la misophonie, consultez un audiologiste.

Références :
-EDELSTEIN et coll., « Misophonia : physiological investigations and case descriptions ». 2013.
-JASTREBOFF, P. J. and HAZELL, J., « Tinnitus Retraining Therapy : Implementing the neurophysiological model ». 2004.
-TIDBALL, Glynnis, « Hyperacusis and misophonia ». CAA 2014 conference.
JASTREBOFF, P. J. and HAZELL, J., “Tinnitus Retraining Therapy: Implementing the Neurophysiological Model.” 2004.
TIDBALL, Glynnis, “Hyperacusis and misophonia.” CAA 2014 conference.

L'auteure:

 

Dans un objectif de conformité, les termes appareils auditifs sont préférés
à ceux de prothèses auditives.