Les étapes de l’examen de l’audition

1 juin 2013

Les étapes de l'examen de l'audition

Une évaluation auditive permet principalement de connaître le statut de votre audition et, si c’est le cas, la nature de la perte auditive. Lorsque vous avez l’impression de moins bien comprendre ou lorsqu’une baisse auditive est notée par votre entourage, une consultation en audiologie est alors recommandée.

L’audiologiste

  1. Dans un premier temps, l’audiologiste effectue l’anamnèse avec vous afin de connaître vos incapacités auditives ainsi que tout ce qui peut avoir un lien avec votre audition (histoire d’exposition au bruit et de surdité familiale, antécédents otologiques et médicaux, acouphène, etc.).
  2. Ensuite, assis dans une cabine insonorisée, vous serez soumis à plusieurs sons de différentes intensités et fréquences. L’objectif de cette épreuve tonale est de déterminer les sons les plus faibles que vous êtes en mesure d’entendre dans chaque oreille. À chaque fois que vous entendez un son, vous en avisez l’audiologiste (ex. : appuyer sur un bouton, dire oui, lever la main, etc.). L’audiologiste note vos réponses sur un graphique appelé « audiogramme », où l’on retrouve vos seuils auditifs à différentes tonalités (sons graves et aigus). Si une baisse d’audition est présente, cette étape de l’examen audiologique permet à l’audiologiste de connaître la nature de votre perte auditive (conductive, neurosensorielle ou mixte).
  3. L’étape suivante de l’examen audiologique est généralement l’épreuve vocale, où une séquence de mots vous sera présentée. Cette étape permettra à l’audiologiste d’avoir une idée sur votre discrimination de la parole (votre capacité à entendre et comprendre les mots). Notez que la discrimination auditive est transcrite sous forme d’un chiffre en pourcentage. Il importe de ne pas confondre la discrimination auditive avec la perte auditive. En effet, beaucoup de gens croient à tort que ce chiffre représente le pourcentage de leur perte auditive, ce qui est erroné. La perte auditive est plutôt caractérisée par sa sévérité, allant d’un degré minime à profond. Elle est déterminée par vos seuils auditifs sur l’audiogramme. D’ailleurs, deux personnes présentant le même degré de perte auditive n’ont pas nécessairement la même capacité de discrimination de la parole.
  4. Une autre étape de l’évaluation audiologique comprend l’immitancemétrie, c’est-à-dire la tympanométrie, le réflexe stapédien et l’adaptation de réflexe. Puisqu’il s’agit d’une évaluation objective, elle ne nécessite aucune collaboration du patient.
  5. D’abord, la tympanométrie consiste en la mesure de la mobilité du tympan ainsi que de l’aération de l’oreille moyenne. Plus précisément, elle permet de déceler la présence d’une perforation tympanique (absence de mobilité tympanique) ou encore celle de liquide rétro-tympanique (aussi appelée « otite ») rendant le tympan plus rigide, la dysfonction tubaire (atteinte de la fonction d’aération de l’oreille moyenne via la trompe d’Eustache), etc.

CRÉDIT D’IMPÔT POUR PERTE AUDITIVE

Il est possible de demander un crédit d’impôt pour perte auditive lorsque la personne est toujours, ou presque toujours, incapable d’entendre de manière à comprendre une personne de sa connaissance dans un environnement calme même à l’aide d’appareils auditifs appropriés. Il n’y a pas de mention sur le degré de surdité dans les réglementations fédérale et provinciale. La demande doit être complétée par un audiologiste ou un oto-rhino-laryngologiste (ORL).

Le réflexe stapédien, quant à lui, nous renseigne sur l’intégrité de l’arc réflexe comportant les structures du système auditif périphérique (oreille externe, oreille moyenne, oreille interne) et central (nerf auditif, noyau cochléaire, complexe olivaire supérieur) ainsi que le nerf facial. Mais comment le réflexe se génère-t-il ? Lorsqu’un son fort parvient à l’oreille, le muscle de l’étrier (3e osselet) se contracte, ce qui engendre une augmentation de la rigidité de la chaîne tympano-ossiculaire. C’est ce phénomène qui est mesuré à l’aide d’une sonde introduite dans le conduit auditif. Toutefois, le réflexe peut être absent si l’une des structures impliquées dans l’arc réflexe est atteinte. L’oto­sclérose (maladie affectant la mobilité des osselets et plus particulièrement l’étrier), la présence d’une otite et le neurinome acoustique (tumeur sur le nerf auditif) en sont quelques exemples. Comme le nerf facial contrôle ce muscle, une lésion à ce niveau peut également affecter le réflexe stapédien.

Enfin, en ce qui concerne l’adaptation de réflexe, elle est basée sur le principe d’adaptation des fibres nerveuses lorsque celles-ci sont exposées à une stimulation sonore prolongée. Le but est d’estimer combien de temps le muscle de l’étrier peut soutenir cette stimulation. Dans le cas d’un neurinome acoustique, une adaptation de réflexe anormale peut être obtenue. Cet examen peut donc être utile pour l’audiologiste afin de déterminer si une perte auditive neurosensorielle est d’origine cochléaire (adaptation de réflexe normale) ou rétrocochléaire affectant généralement une seule oreille (adaptation de réflexe anormale).

Une fois l’évaluation audiologique terminée, l’audiologiste prendra le temps nécessaire pour vous expliquer les résultats et vous transmettre ses recommandations.

Visitez le blogue de Lobe en cliquant dès maintenant ici.

Références :
RAPPAPORT, T.M. et C. PROVENÇAL (2002). « Neuro-otology for Audiologists », dans Katz, J., Medwetsky, L., Burkard, R. & Hood, L.J. (Éds), Handbook of Clinical Audiology, p. 9-32. Philadelphia : Lippincott Williams & Wilkins.
RAPPAPORT, T.M. et C. PROVENÇAL (2002). « The Acoustic Reflex », dans Katz, J., Medwetsky, L., Burkard, R. & Hood, L.J. (Éds), Hand­book of Clinical Audiology, p. 205-232. Philadelphia : Lippincott Williams & Wilkins.
RAPPAPORT, T.M. et C. PROVENÇAL (2002). « Tympanometry », dans Katz, J., Medwetsky, L., Burkard, R. & Hood, L.J. (Éds), Hand­book of Clinical Audiology, p. 175-204. Philadelphia : Lippincott Williams & Wilkins.

 

Dans un objectif de conformité, les termes appareils auditifs sont préférés
à ceux de prothèses auditives.