Handicap auditif et recommandation d’appareils auditifs

15 novembre 2010
handicap auditif et recommandation d’appareillage auditif Les personnes avec difficultés d’audition sont de plus en plus nombreuses. Celles-ci se questionnent souvent sur la pertinence ou non de porter des appareils auditifs. Cette décision ne devrait jamais être uniquement basée sur la perte auditive telle que mesurée par le test auditif (audiogramme) et les critères d’admissibilité à un programme de l’État.

Au début des années quatre-vingt, un sous-comité de l’Organisation mondiale de la santé a mis au point un cadre conceptuel pour permettre d’éclaircir la situation. Ce cadre met en relief les notions de déficience, incapacité, obstacle et situations de handicap.

  • La déficience est un problème au niveau de l’organe.
  • L’incapacité est une perte de fonction de l’organe.
  • Un obstacle est lié à l’environnement.
  • Les situations de handicap découlent de l’interaction entre la déficience, l’incapacité et l’obstacle.

Afin de mieux comprendre, voici l’exemple d’un malentendant travaillant dans un entrepôt où l’on retrouve un chariot élévateur :

  • Sur le plan auditif, la déficience pourrait être un problème au niveau de l’oreille interne (perception des sons clairs d’une seule oreille).
  • L’incapacité serait l’impossibilité de localiser la provenance des sons.
  • L’obstacle pourrait se situer en milieu de travail.
  • La situation de handicap serait de ne pas pouvoir localiser la provenance de signaux d’alarme (bip de signalement de recul du chariot élévateur) en milieu de travail, causant un risque à la sécurité du travailleur.

Deux conclusions peuvent être tirées de cet exemple :

  • La première étant que même avec une oreille normale et l’autre avec une perte auditive, il est souhaitable de porter un appareil auditif du côté de l’oreille atteinte même si le malentendant ne répond pas aux critères d’admissibilité de la RAMQ comme dans le cas du travailleur décrit précédemment.
  • La deuxième étant que la recommandation d’appareillage auditif ne doit pas être basée uniquement sur un critère de seuils mesurés à l’audiogramme, mais doit surtout tenir compte des situations de handicap auditif.

La RAMQ et les appareils auditifs

Les critères d’admissibilité de la RAMQ (ex. : barème de 35 dB pour un adulte aux deux oreilles) sont donc uniquement des critères administratifs. Malheureusement, ce barème laisse croire que, d’une part, il n’est pas utile d’avoir des appareils auditifs si le malentendant ne répond pas aux critères d’admissibilité et, d’autre part, qu’un seul appareil auditif est suffisant même si le malentendant a une perte auditive aux deux oreilles ! L’effet pervers de cette croyance retarde l’acquisition d’appareils auditifs et contribue à augmenter les difficultés d’adaptation. Or, de nombreuses situations de handicap sur le plan auditif peuvent être notées même chez les personnes avec une perte auditive très légère. Ces situations de handicap se manifestent par des difficultés d’écoute en présence de bruit de fond ou en groupe, ou encore par l’augmentation du volume de la télévision.

En d’autres termes, l’audiogramme n’est pas l’unique outil qui détermine le besoin d’appareillage auditif. La recommandation du port d’appareils auditifs doit aussi prendre en compte le degré de handicap auditif. La déficience auditive engendre des incapacités qui sont vécues de façon différente d’un individu à l’autre. N’hésitez pas à consulter votre audiologiste qui exerce dans les cliniques Lobe Santé auditive et communication pour obtenir plus d’information.

 

Dans un objectif de conformité, les termes appareils auditifs sont préférés
à ceux de prothèses auditives.